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"Il utilisait les séances de confession pour abuser de moi sexuellement": une ex-religieuse dénonce des viols par des membres du clergé

"Il utilisait les séances de confession pour abuser de moi sexuellement": une ex-religieuse dénonce des viols par des membres du clergé
 
 

Un scandale couve, depuis longtemps, au sein de l'Eglise. Il n’y a pas que des enfants qui ont été abusé par des prêtres. De nombreuses religieuses auraient aussi été agressées ou violées par des membres du clergé. Certains estiment même que 30% des nonnes ont déjà subi ce genre de violences.

Doris Wagner a 19 ans lorsqu’elle embrasse la vie religieuse. Elle entre dans une congrégation mixte. "Quelques mois après avoir prononcé mes vœux à Rome, le supérieur de ma congrégation entre dans ma chambre et me viole. Il ne fut pas le seul. Il y eut aussi ce prêtre qui avait demandé à ma supérieure d’être mon confesseur. En fait, il utilisait les séances de confession pour abuser de moi sexuellement", confie Doris Wagner, Philosophe et ancienne religieuse.

Détruite, cette jeune Allemande trouve la force de quitter les Ordres en 2011. Mais elle enquête et découvre qu’il y a 25 ans déjà, une religieuse irlandaise avait collecté de nombreux témoignages d’abus et les avait transmis au Vatican. La Curie Romaine avait alors étouffé le scandale. "On estime qu’environ 30 % des religieuses ont été abusées sexuellement. Dans ce rapport, il y a des histoires de viols, de grossesses, d’avortements forcés et de morts. Il y a notamment ce cas terrible. Une sœur tombe enceinte. Le prêtre qui l’a violée l’assiste pour l’avortement. Elle meurt. Et c’est lui qui célèbre son enterrement", souffle-t-elle.


"Ces femmes sont considérées comme coupables"

Doris Wagner est aujourd’hui mariée mais elle continue son combat. Elle fut invitée au Vatican il y a quelques semaines. Un phénomène que dénonce aussi Lucette Sacaraffia, rédactrice en chef du magazine: Les femmes du Vatican. "Aujourd’hui, les religieuses qui sont enceintes sont chassées de leur congrégation et obligées de travailler pour élever seules leur enfant, sans aucune aide de l’église. Le pire, c'est que ces femmes qui ont souvent ont été abusées, sont considérées comme coupables et se sentent coupables d’avoir attiré dans le pêché un pauvre prêtre ou un pauvre évêque", éclaire-t-elle. 

Il y a trois semaines, de retour des Emirats Arabes Unis, le Pape reconnaissait pour la première fois l’importance de ce fléau. "Il y a des prêtres et même des évêques qui ont abusé de religieuses. Et cela continue. Nous travaillons à régler ce problème depuis quelque temps. Doit-on faire faire davantage ? Oui. En a-t-on la volonté ? Oui", clamait sa Sainteté le Pape François. Après des années de silence forcé et organisé, l’Eglise doit affronter ses démons.


 

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