En ce moment
 
 

Un document sur les Soudanais rapatriés met Theo Francken en danger: que décidera Charles Michel?

Un document sur les Soudanais rapatriés met Theo Francken en danger: que décidera Charles Michel?
 
 

En les renvoyant dans leur pays, Theo Francken était au courant des risques encourus par des migrants soudanais: c'est du moins ce qu'affirment plusieurs associations en divulguant une note du Commissaritat général aux Réfugiés. Ce soir, l'entourage du secrétaire d'Etat à la Migration tempère. Cette note serait sujette à plusieurs interprétations. Le point avec Chantal Monet et Michel Herinckx.

Il y a deux mois, Theo Francken a reçu une note par porteur. Elle émane du Commissaire général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA), celui qui examine les demandes d’asile. Il y détaille sa politique à l’égard du Soudan. En résumé: bénéficient d’une protection les non-arabes de tout le Soudan plus toutes les personnes qui viennent de trois régions précises: le Darfour, le Sud-Kordofan et le Nil Bleu.
 
Ce que montre le document, adressé spécifiquement à Theo Francken, note un article du journal Le Soir, c'est que l'instance belge indépendante ayant la meilleure vue sur le sujet, soit le CGRA, avait établi des critères larges de populations à risques parmi les Soudanais, visiblement ignorés par l'administration qui a poursuivi les rapatriements.

Mais la note divise. D’un côté, Theo Francken… de l’autre les associations de défense des droits de l’homme. A chacun sa lecture.

Quand je sais que quelqu'un va être torturé, je ne vais pas les rapatrier, je ne suis pas fou

Au cabinet Francken, on dit avoir respecté à la lettre les recommandations. Ceux qui ont demandé l’asile et entraient dans les critères n’ont pas été renvoyés. "Quand je sais que quelqu'un va être torturé, je ne vais pas les rapatrier, je ne suis pas fou", répond Theo Francken. "Une demande d'asile, en Belgique, c'est encore un examen individuel et le commissaire général, jusque maintenant en 2017, a plus ou moins reconnu la moitié des Soudanais. Cela veut dire aussi que la moitié n'a pas besoin de protection", indique Freddy Roosemont, Directeur général de l’Office des Etrangers.

Si la Belgique rend possible cette torture en cas de retour, elle se rend complice

Mais la Ligue des Droits de l’homme dit douter du sérieux avec lequel les enquêtes sont menées. Elle réclame dès lors l’application du principe de non-refoulement, c’est-à-dire le non renvoi d’une personne dès qu’il y a de sérieux risques de torture. "Indépendamment du fait que les Soudanais aient ou non demandé l'asile ou en ont été dissuadés, cette note montre que si on renvoie, c'est une violation de l'article 3 de la Convention européenne des Droits de l'homme, qui interdit la torture. Si la Belgique rend possible cette torture en cas de retour, et c'est ce qu'on a appris la semaine dernière, elle est en quelque sorte complice de cette violation de l'article 3", estime pour sa part Alexis Deswaef, directeur de la Ligue des Droits de l’Homme.


Charles Michel temporise et attend les résultats d'une enquête

Contacté, le cabinet du Premier ministre ne souhaite pas réagir. Charles Michel attend, nous dit-on, les résultats de l’enquête indépendante sur le sort des Soudanais lors de leur retour au pays.


 

Vos commentaires