SNCF: colère de Nicolas Sarkozy dont le service minimum est mis à mal

DIVERS  mer 14 jan

Nicolas Sarkozy, "très remonté" après la paralysie mardi de la gare Saint-Lazare que le service minimum mis en place il y a un an n'a pu prévenir, a demandé mercredi à la SNCF de "s'excuser" et "d'indemniser" les voyageurs.

Une grève spontanée à la suite de l'agression d'un conducteur a paralysé mardi le trafic SNCF dans l'ouest de l'Ile-de-France. Mesure "exceptionnelle", la gare Saint-Lazare a été évacuée et fermée au public.

"Le président a bien sûr été sensible à l'attaque dont a été victime le conducteur de la SNCF mais il a tenu à rappeler (...) que le service public appartenait au public", a rapporté le porte-parole du gouvernement Luc Chatel à l'issue du Conseil des ministres, mercredi.

"On ne peut pas accepter que la France soit prise en otage totalement sans préavis, sans mise en place d'information, sans accueil", a-t-il poursuivi.

La loi sur le service minimum dans les transports terrestres, promesse de campagne du candidat Nicolas Sarkozy et votée dès l'été 2007, est censée empêcher cette situation en imposant une concertation préalable entre syndicats et direction avant toute grève et une déclaration individuelle de chaque participant 48 heures avant le début d'un mouvement, ce qui permet d'annoncer à l'avance un plan de transports aux voyageurs.

Or mardi, les cheminots du secteur Saint-Lazare ont spontanément cessé le travail après l'agression, en appliquant leur "droit de retrait", empêchant cette mécanique.

Pour ajouter à l'exaspération des usagers, le trafic de cette gare était perturbé depuis un mois par une grève des conducteurs sur les effectifs. Se jouant des règles du service minimum, ils débrayaient souvent 59 minutes par jour, désorganisant fortement le service sans être trop pénalisés financièrement.

Benoît Apparu, député UMP de la Marne, a suggéré mercredi que "si le service minimum ne marche pas, il faudra peut-être le changer".

La SNCF a annoncé un geste commercial uniquement envers les usagers touchés par cette longue grève, sous la forme de réduction sur les abonnements de février.

Le président de la SNCF Guillaume Pepy a lui fait son mea culpa sur les quais de Saint-Lazare tôt mercredi: "les usagers m'ont enguirlandé, moi j'accepte leur mécontentement". "Hier, on a manqué à nos devoirs", a-t-il ajouté devant la presse.

Le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau doit le recevoir pour "veiller" à ce que les usagers soient indemnisés.

Le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a estimé que la fermeture de la gare a été "une forme de dramatisation" qui a sans doute permis de résoudre ce conflit persistant et que la direction de la SNCF "a bien travaillé".

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a été plus sévère en jugeant "quasiment inadmissible" ce mouvement au long cours.

Après cette conjonction de difficultés mardi, François Bayrou, président du MoDem, pense que "les personnels de la SNCF et des entreprises de transport comme à Marseille devraient réfléchir au tort que ça leur fait" lorsqu'"un problème, un incident, un accident (...) se retournent immédiatement contre les usagers".

Pour le PS, Jean-Marc Ayrault a appelé l'Etat à "prendre ses responsabilités" et à investir pour "rénover le système ferroviaire, le matériel roulant".

Depuis l'entrée en fonction de M. Pepy il y a un peu moins d'un an, le gouvernement a souvent exprimé son mécontentement voire sa colère contre la SNCF, notamment après plusieurs ruptures de caténaires ayant entraîné des pagailles à répétition pour les usagers.