Bombes au phosphore à Gaza: utilisation illégale
A New York, le conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir mardi pour discuter de la situation dans la bande de Gaza, avant le départ mercredi au Proche-Orient du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a exigé un cessez-le-feu immédiat.
Par ailleurs, un haut responsable du ministère de la Défense israélien, Amos Gilad, pourrait se rendre au Caire mardi pour discuter d'un éventuel arrêt des combats.
LES FAITS DE CETTE NUIT ET CE MATIN: "La nuit la plus longue depuis le début de la guerre"
Lundi, en fin de soirée, "les chars sont entrés plus profondément dans les quartiers de Tal al-Hawa, cheikh Ajline et Zeitoun", des secteurs périphériques de Gaza-Ville que "l'aviation et les chars bombardent", a indiqué un correspondant de l'AFP citant des témoins. Les combattants palestiniens répliquaient en tirant des obus de mortier et des roquettes RPG, a-t-il ajouté.
"C'est la nuit la plus longue depuis le début de la guerre. Les minutes sont interminables, lourdes", a expliqué le correspondant, alors que les blindés étaient stationnés à seulement 400 mètres de sa maison.
L'aviation a également mené des raids nocturnes à Rafah pour détruire des tunnels reliant le sud de la bande de Gaza à l'Egypte. Selon l'armée, 60 cibles ont été atteintes lundi, dont 20 tunnels de contrebande et neuf sites de tirs de roquettes.La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a affirmé avoir détruit deux chars israéliens à Zeitoun et tué un nombre indéterminé de militaires dans le village de Khouzaa. Ces affirmations ont été démenties par l'armée.
Bombes au phosphore: illégales dans des zones peuplées selon l'ONG HRW
On parle de plus en plus de bombes de type "dime" développées par l'armée américaine et utilisées par l'armée israélienne. L'action de celles-ci est particulièrement destructrice, coupant les corps en deux ou laissant des extraits cancérigènes de tungstène, cobalt et autre matière dans le corps de victimes.
Les bombes au phosphore sont également très critiquées par les ONG, créant d'importantes brûlures sur les corps de civils ou militaires se trouvant dans l'environnement direct des fumées de phosphore. Israël affirme que son utilisation est légal. Mais l'ONG internationale Human Rights Watch (HRW) nuance par la voix de Reed Brody, interrogé ce matin par notre journaliste Loïc Parmentier: "Le phosphore est utilisé comme rideau de fumée ou pour éclairer des actions militaires. Mais lorsque le phosphore est employé dans des zones densément peuplées comme à Gaza, il est alors considéré comme une arme offensive (NDLR: le phosphore crée des brûlures très douloureuses) et devient dès lors une arme illégale aussi bien d'ailleurs contre les civils que contre les militaires".
> Les pays arabes restent divisés: lire l'article
Plus de 900 Palestiniens tués
Lundi, l'armée israélienne avait poursuivi sa stratégie d'encerclement de Gaza-Ville en s'enfonçant dans cheikh Ajline, Touffah et Zeitoun, se heurtant à des combattants palestiniens, selon des témoins.
Selon le chef des services d'urgences à Gaza, Mouawiya Hassanein, 919 Palestiniens ont été tués dans l'offensive israélienne, dont 277 enfants, 97 femmes et 92 personnes âgées et plus de 4.100 autres ont été blessés.
Israël affirme avoir porté un coup sévère au Hamas en tuant plus de 550 de ses combattants et blessant des milliers d'autres. Mais l'opération n'a pas fait cesser les tirs de roquettes sur le sud d'Israël, où une trentaine d'engins se sont abattus lundi sans faire de victimes, selon l'armée. Dix militaires et trois civils israéliens ont été tués depuis le début de l'opération le 27 décembre.
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a menacé lundi de frapper d'"une main de fer" aussi longtemps que les tirs de roquettes se poursuivraient de Gaza, où le Hamas lui a répondu en promettant "la victoire".
A Prague, la présidence tchèque de l'UE a annoncé qu'elle comptait organiser une conférence de donateurs pour répondre aux besoins humanitaires de la population de Gaza, où la situation demeure tragique. Un million de personnes vivent sans électricité, 750.000 sont sans eau et où les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours, selon l'ONU.








