Israël rejette l'appel de l'ONU à la trêve, 800 Palestiniens tués à Gaza
Israël a décidé vendredi d'ignorer un appel du Conseil sécurité de l'ONU à un cessez-le-feu immédiat, poursuivant son offensive dans la bande de Gaza, où au moins 800 Palestiniens ont été tués en deux semaines.
Une centaine de cibles palestiniennes ont été touchées en 24 heures dans la bande de Gaza, selon des sources israéliennes. Dans le même temps, les combattants palestiniens ont encore tiré une trentaine de roquettes sur le sud d'Israël, selon l'armée.
La décision de poursuivre la guerre a été prise par le cabinet de sécurité israélien qui compte 12 ministres, lors d'une réunion présidée par le Premier ministre sortant Ehud Olmert à Tel-Aviv.
"L'Etat d'Israël a le droit de défendre ses citoyens et, à cette fin, l'armée continuera d'agir pour atteindre les objectifs de son opération, c'est-à-dire changer la situation en matière de sécurité dans le sud d'Israël", a indiqué le cabinet dans un communiqué.
Peu avant, M. Olmert avait souligné qu'Israël "n'a jamais accepté qu'une influence extérieure décide de son droit à défendre ses citoyens".
Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a affirmé qu'il ne s'estimait pas "concerné" par la résolution du Conseil de sécurité.
Une délégation du Hamas doit se rendre au Caire samedi afin de discuter du plan égyptien pour un cessez-le-feu, a indiqué Moussa Abou Marzouk, le numéro deux du bureau politique du mouvement, basé à Damas.
"Il n'y aura acceptation d'aucune (proposition) n'appelant pas à la fin du blocus et à l'ouverture des points de passage", a-t-il affirmé.
A l'appel des islamistes du Hamas à une "journée de colère" contre l'offensive, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Amman, Koweït, Bagdad, en Egypte et en Cisjordanie occupée ainsi qu'à Jérusalem-est.
Des rassemblements ont également eu lieu en Europe. Plus de 80 manifestations étaient prévues samedi en France, sous haute surveillance par crainte de débordements.
L'offensive israélienne destinée à contraindre le Hamas à cesser ses tirs de roquettes, a coûté la vie à au moins 800 Palestiniens, dont 230 enfants et 92 femmes et des dizaines d'autres civils, et fait plus de 3.300 blessés depuis son lancement le 27 décembre, selon un dernier bilan de sources médicales à Gaza.
Les activistes Palestiniens n'ont pas cessé de tirer des roquettes, lançant encore une trentaine d'engins sur le sud d'Israël depuis Gaza, faisant un blessé léger. Des roquettes de type Grad se sont abattues à Beersheba, à quelque 40 km du territoire palestinien, ainsi que dans la région d'Ashdod.
Trois civils et 10 soldats israéliens ont été tués et 154 blessés depuis le 27 décembre, selon l'armée.
Selon des témoins, l'armée a arrêté au moins 300 Palestiniens dans le nord de la bande de Gaza.
La branche armée du Hamas a affirmé avoir tué vendredi huit soldats dans une embuscade dans le nord de la bande de Gaza.
Dans ce qu'elle a qualifié "de l'un des plus graves incidents" depuis le début de l'offensive, l'Office de l'ONU pour la coordination humanitaire, citant des témoins, a affirmé que l'armée avait tué 30 civils le 5 janvier.
Ils faisaient partie d'un groupe de 110 Palestiniens que les soldats avaient rassemblés dans une maison du quartier de Zeitoun à Gaza, selon l'ONU.
A Washington, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a jugé "difficile" pour Israël d'épargner les civils dans une zone à forte densité de population dans laquelle le Hamas utilise, selon elle, les habitants comme boucliers humains.
La résolution 1860, qui a été adoptée par 14 des 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU, "appelle à un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté, menant au retrait complet des forces israéliennes de Gaza".
Elle "condamne toute violence et hostilité dirigées contre des civils et tout acte de terrorisme", sans désigner explicitement les tirs de roquettes du Hamas, et appelle "à la fourniture sans obstructions (...) de l'aide humanitaire".
Seuls les Etats-Unis se sont abstenus de voter ce texte. Le ministre israélien de l'Intérieur, Meïr Sheetrit, membre du cabinet de sécurité, a ouvertement critiqué le fait que Washington n'ait pas usé de son droit de veto.
"Il y a eu des promesses de la part des Américains d'imposer leur veto qui n'ont malheureusement pas été tenues sous la pression, apparemment, des pays arabes qui avaient envoyé leurs ministres des Affaires étrangères" aux Etats-Unis, a déploré M. Sheetrit à la télévision publique.
A Genève, la première journée de la session extraordinaire du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU sur le conflit de Gaza s'est achevée vendredi à Genève sans accord sur un projet de résolution. Les discussions reprendront lundi.
L'agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa), déplorant une situation humanitaire "critique", a suspendu pour le 2e jour consécutif l'essentiel de ses opérations à Gaza après qu'un de ses convois eut été touché par des obus israéliens et un chauffeur palestinien tué.
Le Comité international de la Croix-Rouge a aussi annoncé avoir temporairement réduit ses activités à Gaza-ville après qu'un de ses véhicules eut essuyé des tirs.
Un million de personnes vivent sans électricité, 750.000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours qui risquent de s'arrêter en cas de manque d'essence, selon l'ONU.








