Affaire de la SMS: Antoine Nivaggioni arrêté à Ajaccio, annonce l'Intérieur

FRANCE  ven 9 jan

Antoine Nivaggioni, fondateur de la Société méditerranéenne de sécurité (SMS) et ex-figure du nationalisme corse, au coeur d'une enquête pour escroquerie, a été arrêté vendredi à Ajaccio après 14 mois de cavale, a annoncé vendredi le ministère de l'Intérieur.

Selon des sources concordantes, Antoine Nivaggioni a été arrêté dans la rue, près de l'hôpital d'Ajaccio, vers 19H00, par des policiers du Raid en civil, après des mois d'enquête et de surveillance de ses proches.

Antoine Nivaggioni n'a pas opposé de résistance, a précisé une source proche de l'enquête. Il a été placé en garde à vue à la direction générale de la police judiciaire d'Ajaccio.

De source judiciaire à Marseille, où la Juridiction interrégionale spécialisée suit le dossier, la garde à vue peut se prolonger au maximum 48H.

Antoine Nivaggioni pourrait être transféré à l'Office central de lutte contre la grande délinquance économique et financière à Paris ou continuer d'être interrogé à Ajaccio, a ajouté une source proche de l'enquête.

L'enquête, dans laquelle M. Nivaggioni est présumé impliqué, porte sur l'attribution frauduleuse de marchés de sécurité à la SMS, notamment celui de l'aéroport ajaccien de Campo dell'Oro, et sur des détournements de fonds au sein de cette structure.

Dans un entretien accordé au magazine Corsica en novembre, M. Nivaggioni, fondateur de la SMS au début des années 2000, se disait prêt à se rendre devant la justice.

"Jamais je n'ai bénéficié de marchés truqués, pas plus que je n'ai bénéficié d'aides occultes, j'ai fait mon travail de directeur commercial au même titre que n'importe qui", affirmait-il, ajoutant: "Je nie toute pratique frauduleuse dans le cadre de mes rapports avec la Chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud et toute autre institution d'ailleurs".

L'affaire de la SMS avait fait grand bruit en Corse où un élu nationaliste modéré, Jean-Christophe Angelini, avait été mis en examen pour complicité de faux. Elu à l'Assemblée de Corse et conseiller municipal à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud), il était soupçonné d'avoir aidé à la confection et à la remise d'un faux passeport au fondateur de la SMS.

Ecroué en janvier 2008 à la maison d'arrêt de Luynes (Bouches-du-Rhône), puis libéré une dizaine de jours plus tard, il a été placé sous contrôle judiciaire.

Il avait été interpellé à Paris le 17 janvier, aux côtés de quatre autres personnes, dont l'homme d'affaires parisien Jean-Luc Schnoebelen, l'un des repreneurs de la SMS. Mis en examen et écroué pour les mêmes faits, ce dernier a également été libéré sous contrôle judiciaire.

Au total, une dizaine de personnes ont été mises en examen dans ce dossier, dont Raymond Ceccaldi, le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) d'Ajaccio qui gère les attributions de marchés à l'aéroport.

Ce dernier, incarcéré pendant sept semaines l'hiver dernier, puis remis en liberté sans contrôle judiciaire, a toujours protesté de son innocence.

Il a démissionné de son poste à la tête de la CCI le 7 novembre. "Je n'ai plus la force de poursuivre", avait-il expliqué.

La SMS a évité en février le placement en redressement judiciaire. Elle a été placée en procédure dite "de sauvegarde" par le tribunal de commerce, ce qui lui a permis de poursuivre ses activités et de sauvegarder ses emplois. Depuis, elle a changé de nom, devenant Arcosud.

Dans un communiqué publié vendredi soir, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, "félicite les services de police" pour cette arrestation d'un homme "recherché depuis novembre 2007".