Joe Biden: les Etats-Unis soutiendront le Pakistan face aux extrémistes
Le vice-président élu des Etats-Unis Joe Biden a assuré vendredi les dirigeants pakistanais que la prochaine administration Obama aiderait le Pakistan à combattre les islamistes, ont annoncé des sources officielles pakistanaises.
M. Biden, qui accèdera à son poste le 20 janvier, le jour de l'investiture du président américain élu Barack Obama, a rencontré le président Asif Ali Zardari, son Premier ministre Yousuf Raza Gilani et le chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le général Ashfaq Kayani.
M. Biden, qui voyage en compagnie du sénateur républicain Lindsey Graham, fait officiellement une tournée dans la région en tant que président sortant de la commission des Affaires étrangères du Sénat. Mais cette tournée revêt une certaine importance, Barack Obama ayant fait de la région Pakistan-Afghanistan le nouveau "front central" de la guerre américaine "contre le terrorisme".
Selon un collaborateur du président Zardari, les entretiens ont porté sur la contribution du Pakistan à la "guerre contre le terrorisme" engagée par les Etats-Unis ainsi que sur la tension qui règne dans les relations entre l'Inde et le Pakistan après les attentats de Bombay.
M. Zardari a assuré que le Pakistan était "engagé dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme dans son propre interêt", selon un communiqué présidentiel.
M. Biden a répondu que le prochain gouvernement américain soutiendrait le Pakistan dans cette lutte, soulignant que Washington reconnaissait "l'importante contribution et les sacrifices" d'Islamabad.
Le sénateur du Delaware a réitéré ce message pendant sa rencontre avec le Premier ministre pakistanais.
M. Biden a souligné que la prochaine administration Obama "réalisait parfaitement que le Pakistan ne pouvait pas mener cette guerre seul et qu'elle le soutiendrait donc par tous les moyens possibles pour qu'il réussisse", selon les services de M. Gilani.
M. Gilani a déclaré à M. Biden qu'il espérait que les Etats-Unis fourniraient au Pakistan des équipements et un soutien militaire, de sorte que "la question essentielle des attaques des drones ... soit éliminée".
Le Pakistan a protesté à de nombreuses reprises contre des tirs de missiles attribués à des drones (avions sans pilote) américains prenant pour cibles les combattants talibans et leurs alliés du réseau Al-Qaïda retranchés dans les zones tribales pakistanaises situées à la frontière avec l'Afghanistan.
M. Biden a également évoqué avec M. Gilani l'aggravation de la tension entre l'Inde et le Pakistan, après les attentats qui ont fait 165 morts fin novembre à Bombay, et dans lesquels New Delhi accuse les services secrets pakistanais d'être impliqués.
M. Gilani a affirmé que le Pakistan était prêt à la plus grande coopération possible avec l'Inde dans l'enquête sur les attentats, selon le cabinet du Premier ministre.
M. Biden a également rencontré le chef d'état-major de l'armée le général Ashfaq Kayani.
L'ambassade des Etats-Unis a confirmé les rencontres, mais sans en préciser la teneur.
M. Obama a esquissé une nouvelle stratégie pour la région, avec pour objectif principal de mettre fin au conflit en Afghanistan, où la rébellion a gagné du terrain depuis deux ans malgré la présence de plus de 70.000 soldats étrangers, pour moitié américains. Les Etats-Unis ont annoncé à la fin décembre l'envoi de 20.000 à 30.000 soldats supplémentaires, dont les premiers viennent d'arriver.
Jeudi, le chef des opérations américaines en Afghanistan et en Irak, le général David Petraeus, a précisé que la résolution du conflit en Afghanistan requérait "une stratégie régionale comprenant le Pakistan, l'Inde, les Etats d'Asie centrale, même la Chine et la Russie, et aussi (...) l'Iran".
M. Biden pourrait ensuite se rendre en Afghanistan et en Inde, généralement au programme des tournées des responsables américains dans la région.








