SDF: Christine Boutin va chercher un peu d'inspiration au Danemark
En pleine vague de froid, la ministre du Logement Christine Boutin est allée chercher au Danemark un peu d'inspiration pour sa politique d'aide aux sans-abris, critiquée par les associations.
Pourquoi le Danemark et pas un autre pays scandinave, tous réputés pour leur modèle social ? "Parce qu'ils ont de l'immigration", et un système de recensement "qualitatif" des SDF comme celui qu'elle veut mettre en place "avant juin".
Copenhague, qui compte environ 500.000 habitants, a recensé 1.886 sans-abri, dont 288 dormant à la rue, lors d'une campagne statistique menée en février 2007.
En France, le nombre de sans-abri varie de 15.000 à 100.000, selon que l'on envisage les sans-abri permanents ou les occasionnels.
Accompagnée de Xavier Emmanuelli, président du Samu social, Alain Duchêne, président de l'Armée du Salut, Charles Gazeau, président de l'association des cités du Secours Catholique et du psychiatre Alain Mercuel, Mme Boutin a visité un parc de "maisons atypiques" et un "café de nuit".
"Honnêtement, je n'ai pas vu de choses très nouvelles", a déclaré la ministre à l'issue de ses entretiens avec des représentants de la municipalité.
S'agissant des 40 "maisons atypiques", sorte d'abris en bois regroupés dans des parcs régis par un "concierge social", elle a lancé: "le concept on l'a", avec les Villages de l'espoir.
Quant aux "cafés de nuit", ces 6 cafétarias équipées de salle de repos et de sanitaires, leur équivalent existe également "en mieux" à Toulouse, Bordeaux, et depuis peu à Nantes, a-t-elle affirmé.
Reste que "c'est un pays très pragmatique", a-t-elle souligné. Par exemple, pour coller au mode de vie de certains marginaux, les médecins n'hésitent pas à confier des médicaments aux commerçants chez qui ils ont leurs habitudes.
"En France, c'est impossible", à cause de la présence d'un praticien lors de la délivrance de médicaments, a-t-elle souligné.
Cette souplesse a également impressionné les représentants d'associations. Le fait que les centres d'hébergement ne ferment pas le jour les a séduit comme les projets d'accueil spécifiques engagés pour les femmes, les jeunes, et les maisons spécialisées pour les toxicomanes. Ils ont aussi apprécié la présence d'équipes de soins dans les gares pour observer les SDF et leur prodiguer des soins là où ils sont.
"Ca, c'est extraordinaire", juge Alain Duchêne.
"Ils sont sans doute facilités par le fait de n'avoir qu'une seule autorité en charge: la mairie", remarque M. Emmanuelli. Le budget total de l'aide au sans-abri s'élève à un demi milliard de couronnes (67 millions d'euros) à Copenhague. Supporté à part égale par l'Etat et la municipalité, ce budget est géré par la mairie.
Sur certaines questions toutefois, les associatifs français sont plus critiques : le caractère "discriminant" de l'identification des SDF par un numéro ; la professionnalisation plus faible des intervenants. Et la mise à l'écart des sans-papiers sur laquelle la municipalité ne s'est guère étendue. "Ils n'ont pas leur place ici", a simplement lâché Bo Moller Nielsen, responsable du centre d'hébergement de Sundholm.
Enfin, il est difficile de comparer les systèmes, les cultures, ont-ils unanimement notés. Pour mieux y parvenir, Mme Boutin a annoncé avoir confié une mission d'analyse des politiques européennes à l'universitaire Julien Damon. Résultat dans deux mois.
En fin de visite, les représentants d'associations se sont dits "rassurés": "On n'a pas à avoir honte de ce qu'on fait en France", a conclu le Dr Mercuel.








