Agression antisémite à Villiers-le-Bel: 4 collégiens mis en examen

FRANCE  ven 9 jan

Quatre collégiens de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) ont été mis en examen jeudi après l'agression d'une adolescente juive à qui ses agresseurs ont reproché le comportement de ses "frères juifs" dans la bande de Gaza, selon des sources concordantes.

Trois des agresseurs présumés de l'adolescente ont été mis en examen jeudi par un juge des enfants de Pontoise pour "violences volontaires" liées à "l'appartenance de la victime à un groupe religieux" et le quatrième pour "non empêchement d'un délit", selon le parquet de Pontoise.

De leur côté les 4 collégiens mis en examen ont été exclus temporairement de l'établissement en attendant que le conseil de discipline se prononce, dans une quinzaine de jours, sur une éventuelle exclusion définitive.

La jeune fille de 14 ans, accompagnée de sa mère, avait déposé plainte mardi au commissariat de Villiers-le-Bel pour des "violences volontaires aggravées" et des "insultes à caractère antisémite".

Selon une source judiciaire et le rectorat de Versailles, la jeune fille a été agressée par une dizaine de jeunes qui l'ont frappée aux jambes et lui ont fait manger de la neige en lui assénant des insultes antisémites.

L'un des agresseurs l'aurait traitée de "sale juive" en ajoutant: "on n'aime pas ce que font tes frères à Gaza", selon les avocats des collégiens mis en examen et plusieurs sources proches de l'enquête.

"Il ne s'agit pas d'une agression antisémite mais d'une bataille de boules de neige qui a dégénéré avec des écervelés de 13 à 15 ans complètement dépassés par ce qui se passe en ce moment en Israël", a estimé Laurent Binet, l'avocat, interrogé par l'AFP, du collégien mis en examen pour "non empêchement d'un délit".

Pour un père de famille venu attendre son fils à la sortie du collège vendredi, les adolescents "se chamaillent et s'insultent tous les jours". "Ils se traitent de ++sale noir++, de ++sale arabe++ ou de ++sale turque++ tout le temps. Ce n'est pas bien mais c'est comme ça", a-t-il dit sous couvert d'anonymat à un journaliste de l'AFP.

Le médecin des UMJ (Unités médico-judiciaires) qui a examiné la collégienne mercredi, ne lui a pas prescrit de jours d'ITT (Incapacité totale de travail).

Selon Sammy Ghozlan, le président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) qui est en contact avec la famille de la victime, la jeune fille est néanmoins "traumatisée". "Elle ne se rend plus en cours, elle est suivie par un psychologue et ses parents ont décidé de déménager pour quitter le Val-d'Oise", a-t-il affirmé à l'AFP vendredi.

Le rectorat de Versailles a proposé à la famille, si elle le souhaitait, de scolariser la victime dans un nouvel établissement sans recevoir de réponse jusqu'à présent.

Lundi, dans toutes les classes du collège, les professeurs consacreront une heure de cours "au respect des différences", a annoncé le cabinet du recteur à l'AFP. "L'idée c'est d'expliquer aux élèves qu'ils faut respecter toutes les origines, toutes les cultures, toutes les différences et que ce qui se passe au Moyen-Orient n'a rien à voir avec eux", selon un membre du cabinet du recteur.

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait déclaré mardi que sa "préoccupation" était que la situation au Proche-Orient "ne dégénère pas dans notre pays, que la violence ne soit pas importée", après l'incendie lundi à Toulouse d'une voiture lancée contre une synagogue.