Les USA imposent maintenant un questionnaire en ligne aux voyageurs européens

INTERNATIONAL  jeu 8 jan

Les ressortissants de 35 pays, dont la Belgique, en général dispensés de visa pour se rendre aux Etats-Unis, comme les touristes et les hommes d'affaires, devront désormais remplir un document en ligne pour se signaler aux autorités américaines avant tout voyage Outre-Atlantique, de préférence au moins 72 heures avant leur départ, ont indiqué jeudi des responsables de l'ambassade américaine à Bruxelles.

Cette formalité, baptisée "Electronic System for Travel Authorization" (ESTA), entrera en application lundi prochain, le 12 janvier, a précisé le chargé d'affaires de l'ambassade des Etats-Unis, Wayne Bush, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, parlant d'une "modernisation" de la procédure.

Cette démarche par internet remplacera en effet à terme la fiche destinée à l'immigration (le formulaire I-94W) que tout voyageur désireux de se rendre au pays de l'Oncle Sam devait jusqu'ici remplir, souvent dans l'avion qui l'emmène aux Etats-Unis. "Les questions (sur le formulaire en ligne) sont à peu près les mêmes que sur la fiche de vol", a expliqué M. Bush. "Dans 99,9 pour cent des cas, la demande est approuvée instantanément", a-t-il ajouté. Cette nouvelle mesure, qui s'applique aussi aux enfants, est destinée à "identifier les personnes à haut risque" qui voudraient se rendre aux Etats-Unis, a indiqué la responsable à Bruxelles du département de la Sécurité intérieure ("Homeland Security"), Jackie Bednarz.

Elle peut toutefois être négative, dans le cas, par exemple, d'une personne condamnée pour trafic de drogue. Ce qui contraint le candidat au voyage à obtenir un visa auprès d'une ambassade ou d'un consulat américains.

S'enregistrer en ligne au moins 3 jours avant le vol pour être certain de décoller

La demande d'entrée peut être placée "en instance", ce qui implique un délai d'attente de 72 heures pour le demandeur, qui doit ensuite consulter à nouveau le site ESTA pour connaître la décision finale des autorités américaines. Une fois la réponse parvenue, le voyageur devra la présenter aux services d'immigration américains lors de son arrivée sur le sol américain. Une fois accordée, l'autorisation est valable pour une durée de deux ans, a souligné Mme Bednarz.

L'ESTA concerne tous les candidats à un séjour de moins de 90 jours aux Etats-Unis dispensés de visa en vertu d'une exemption accordée aux ressortissants de 35 pays (22 Etats-membres de l'Union européenne, dont la Belgique, mais aussi la Suisse, la Norvège, le Japon et l'Australie, par exemple). Il s'agit principalement de touristes ou d'hommes d'affaires.

Ils doivent s'enregistrer sur un site web dédié du département de la Sécurité intérieure (https://esta.cbp.dhs.gov) et remplir le formulaire ad hoc, disponible en seize langues, dont le français et le néerlandais.

"C'est gratuit. Nous recommandons de le faire 72 heures à l'avance, mais cela peut être fait à la dernière minute, par exemple d'un kiosque internet à l'aéroport" avant l'enregistrement, a expliqué M. Bush. Concrètement, il s'agit de répondre à sept questions (santé, activités terroristes, drogue, but du séjour) déjà imposées de longue date aux voyageurs à bord des avions à destination des Etats-Unis. Un proche ou une agence de voyage peut répondre au nom d'un voyageur.

Une des conséquence du 11 septembre

Ce système doit permettre aux Etats-Unis, toujours traumatisés par les attentats du 11 septembre 2001, de détecter des visiteurs indésirables. "C'est un bon outil pour nous", a assuré la responsable du "Homeland Security".  A terme, mais aucune échéance n'a été fixée, l'ESTA doit remplacer le formulaire I-94W.

Pour d'autres catégories de voyageur, comme les journalistes, qui doivent être en possession d'un visa I, rien ne change pour un déplacement Outre-Atlantique.