GAZA : mobilisation pour éviter l'importation en France du conflit
Responsables politiques et communautaires multiplient les appels et mises en garde pour éviter l'importation en France du conflit israélo-palestinien, même si jusqu'à présent il n'y a pas eu d'affrontement entre les communautés juive et musulmane.
L'attaque lundi soir d'une synagogue à Toulouse a vite été qualifiée d'acte "irresponsable", comme s'il était urgent de ne pas jeter d'huile sur le feu. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a parlé d'"acte débile et révoltant".
Le président Nicolas Sarkozy a réagi en déclarant qu'il "ne saurait tolérer" que le conflit au Proche-Orient "se traduise par des violences communautaristes" en France. Il a condamné "avec la plus grande fermeté l'acte de vandalisme" commis à Toulouse et demandé aux services de police et à la justice de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour que leurs auteurs soient interpellés et sévèrement sanctionnés".
"La République n'acceptera pas que certains extrémistes utilisent ce conflit pour attiser les violences entre les communautés dans notre pays", a renchéri le Premier ministre François Fillon.
Mme Alliot-Marie a demandé mardi aux préfets de "tout mettre en oeuvre" pour lutter contre l'importation du conflit en France.
Mardi soir le Conseil français du culte musulman (CFCM) a lancé un appel à toutes les autres religions de France pour un "dialogue ouvert et constructif" dans un "souci de cohésion et d'unité nationale", réaffirmant "l'esprit de responsabilité de la communauté musulmane de France qui rejette toute atteinte à l'ordre public".
Dès la veille, Mme Alliot-Marie avait convoqué au ministère les présidents du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) et du CFCM, ainsi que les responsables de la police et de la gendarmerie pour parler des manifestations en lien avec la situation à Gaza.
A la sortie, les deux présidents Richard Prasquier (Crif) et Mohammed Moussaoui (CFCM) ont dit leur souhait de "ne pas transposer" en France le conflit du Proche-Orient tout en exprimant leur "inquiétude" concernant de possibles "débordements".
Cette rencontre intervenait au lendemain d'un week-end marqué par des manifestations des deux camps --soutien à Gaza le samedi, soutien à Israël le dimanche-- avec des pillages en fin de cortège samedi soir. Selon des sources policières, l'ampleur du rassemblement avait été "sous-estimé".
Sur le fond, même si les deux camps veulent éviter les actes arabophobes et antisémites, les positions sont tranchées et irréconciliables: le Crif parle de la "légitime défense" d'Israël face au Hamas et le CFCM d'"attaques israéliennes meurtrières contre le peuple palestinien de Gaza".
L'UOIF (Union des organisations islamiques de France) précise dans un communiqué que "les musulmans de France ne font aucun amalgame entre la politique meurtrière de l'occupant israélien et leurs concitoyens juifs en France ou ailleurs".
Sur le terrain, on ne signale pas beaucoup d'incidents graves mais l'inquiétude est générale.
"Le climat est très malsain. On a reçu depuis le 27 décembre (ndlr: début de l'offensive contre Gaza) une centaine de signalements antisémites, le plus souvent des injures, des menaces ou des graffitis, plus rarement des agressions", constate le président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), Sammy Ghozlan.
Un des responsables de la communauté marocaine de Montereau (Seine-et-Marne), Nordine Ben Messaoud, remarque que les communautés parlent "beaucoup entre elles" de l'évolution du conflit et qu'il n'y a pas eu d'incidents.








