Sarkozy poursuit ses efforts de paix, en appelle Damas à faire pression

INTERNATIONAL  mar 6 jan

Au onzième jour de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, Nicolas Sarkozy a poursuivi mardi ses efforts pour obtenir un retour à la paix en appelant la Syrie à faire pression sur son allié du Hamas et en prolongeant sa tournée par une nouvelle étape en Egypte.

Malgré le refus catégorique et répété des Israéliens de mettre fin à leur opération sans assurance d'un arrêt des tirs palestiniens sur son territoire, le président français a jugé qu'une trêve était possible et espéré la création rapide de couloirs humanitaires avec le territoire palestinien.

"Je suis convaincu que la Syrie peut apporter une contribution importante dans la recherche d'une solution. Le président (Bachar) al-Assad peut jouer un rôle. Il doit convaincre le Hamas de faire le choix de la raison, de la paix et de la réconciliation" entre les Palestiniens, a déclaré M. Sarkozy à l'issue d'un entretien avec son homologue syrien à Damas.

Principal artisan du retour de la Syrie sur la scène internationale, Nicolas Sarkozy compte clairement sur l'aide du numéro un syrien pour faire pression sur le chef politique du mouvement islamiste palestinien du Hamas Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas.

"Il faut tout faire pour que l'aide humanitaire arrive à Gaza", a martelé Nicolas Sarkozy. "J'espère qu'aujourd'hui même, des ONG européennes pourront entrer à Gaza (...) que des corridors humanitaires pourront être installés et des médicaments" livrés, a-t-il ajouté.

Bachar al-Assad a de son côté vivement dénoncé l'offensive israélienne qui a déjà fait plus de 600 morts depuis son lancement le 27 décembre. Le président syrien a comparé Gaza à "un camp de concentration" condamné à "une mort lente" et dénoncé "un crime de guerre" israélien.

"Nous recherchons maintenant une solution rapide à cette tragédie humaine. Nous sommes convenus avec M. Sarkozy de l'importance d'un cessez-le-feu, du retrait (des forces israéliennes), de la levée du blocus", a ajouté le président syrien.

Estimant proche la perspective d'une trêve, Nicolas Sarkozy a programmé un deuxième rendez-vous en deux jours avec son homologue égyptien Hosni Moubarak, qu'il devait retrouver en soirée à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, où il avait débuté lundi sa tournée éclair au Proche-Orient.

"Je suis persuadé qu'il y a des solutions, on n'en est pas loin. Il faut simplement qu'un des acteurs commence pour que ça aille dans le bon sens", a estimé M. Sarkozy après avoir présenté ses voeux aux Casques bleus français de la Force des Nations unies au Liban (Finul) à At Tiri, à l'extrême sud du Liban à la frontière avec Israël.

"Si chacun attend que ce soit l'autre qui fasse le premier pas, eh bien voilà, il y a des drames, des drames et encore des drames. Quand il y a des drames, il y a de la haine. Et quand il y a de la haine, il y a encore plus de violence", a-t-il insisté.

M. Sarkozy s'est déclaré "renforcé" dans sa détermination à parvenir à une solution par le drame survenu mardi à Gaza où, selon un bilan provisoire, une quarantaine de personnes qui s'étaient réfugiées dans une école de l'ONU ont été tuées par un bombardement israélien.

"Cela renforce ma détermination à ce que tout ceci s'arrête le plus rapidement possible. Le temps travaille contre nous, il faut trouver une solution, c'est bien pour ça que je retourne à Charm el-Cheikh", a-t-il dit.

Le président français a confirmé mardi à Damas qu'il travaillait à une initiative de paix commune à la France, l'Europe et l'Egypte.

Selon lui, ce plan pourrait s'articuler autour d'un "arrêt des hostilités et de l'offensive israélienne accompagnée de garanties sérieuses pour la sécurité d'Israël", "la cessation de tirs de roquette effective et durable", "l'aide humanitaire à Gaza", "l'ouverture rapide des points de passage entre Gaza et Israël et l'indispensable réconciliation interpalestinienne".