Craintes d'une crise humanitaire à Gaza, appels à une solution politique

INTERNATIONAL  lun 5 jan

L'inquiétude grandissait lundi face au risque de crise humanitaire dans la bande de Gaza, après l'offensive terrestre israélienne, alors que se poursuivaient les appels à une solution diplomatique au conflit.

Le président chinois Hu Jintao a fait part à son homologue américain George W. Bush de son inquiétude au sujet de la "crise humanitaire" dans la bande de Gaza dans un entretien téléphonique dimanche soir.

L'offensive terrestre lancée samedi soir par Israël a aggravé la crise humanitaire dans ce territoire palestinien surpeuplé, qui a subi des coupures d'électricité et des communications et une grave pénurie de denrées alimentaires, selon des agences de l'ONU.

Le gouvernement japonais s'est dit "très inquiet car la violence croissante fait de nombreuses victimes civiles".

Le Premier ministre australien Kevin Rudd a jugé lundi "crucial" pour Israël de permettre à la population de Gaza d'accéder à ses besoins fondamentaux, nourriture, assistance humanitaire et médicale.

Le Canada a appelé "la communauté internationale" à "se concerter pour faire face à la situation humanitaire", notamment pour "assurer l'accès à la nourriture, au carburant et aux fournitures médicales".

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est déclaré dimanche "inquiet" de la hausse du nombre de victimes civiles et des dégâts infligés aux hôpitaux.

Le président syrien Bachar al-Assad a exhorté lundi l'influent dignitaire sunnite Youssef Al-Qardaoui, qui dirige l'Union internationale des oulémas musulmans, "à assumer ses responsabilités en mobilisant les peuples arabes et musulmans pour qu'ils apportent leur aide au peuple palestinien résistant" à Gaza.

Membre de la troïka de l'Union européenne dépêchée dans la région, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a déploré, dimanche au Caire, "une situation humanitaire qui est bien impossible à supporter" à Gaza.

Les appels à une solution diplomatique se poursuivaient lundi alors que le conflit a fait, depuis le début des bombardements israéliens le 27 décembre, au moins 537 morts palestiniens, selon les services d'urgences à Gaza.

Côté israélien, un bilan officiel a fait état d'un soldat tué et de 55 blessés depuis le début de l'offensive terrestre.

Les présidents russe Dmitri Medvedev et palestinien Mahmoud Abbas ont appelé à "un cessez-le-feu immédiat" dans la bande de Gaza, au cours d'un entretien téléphonique, selon le Kremlin. La Russie est membre du Quartette pour le Proche-Orient aux côtés de l'UE, de l'ONU et des Etats-Unis, et dispose d'un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, estimant lundi qu'il n'y avait "pas de solution militaire à la crise", a également appelé à un "cessez-le-feu immédiat".

Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek a indiqué travailler sur un "scénario" pour parvenir au moins à "suspendre les combats".

Il en a discuté avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et comptait s'entretenir dans la journée à ce sujet avec le président américain George W. Bush et le Premier ministre israélien Ehud Olmert.

La Turquie a dit oeuvrer à un cessez-le-feu pour mettre un terme à l'offensive militaire israélienne à Gaza qui devrait impliquer une mission d'observateurs internationale.

Le Conseil des églises chrétiennes (catholique, protestante et orthodoxe) de France a lui aussi appelé à "un cessez-le-feu immédiat" entre Gaza et Israël, encourageant tous les efforts diplomatiques en ce sens.

Alors que la troïka européenne poursuivait sa mission dans la région pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu, le président français Nicolas Sarkozy a entamé lundi en Egypte une tournée qui devait ensuite le conduire en Cisjordanie, en Israël, en Syrie et au Liban pour tenter de "trouver les chemins de la paix".

M. Sarkozy a accusé le Hamas, dans un entretien publié lundi dans trois quotidiens libanais, de porter "une responsabilité lourde dans la souffrance des Palestiniens de Gaza".

Tout comme la France condamne l'offensive terrestre israélienne, elle condamne "avec la même fermeté la poursuite des tirs de roquettes (sur Israël) qui sont une provocation inadmissible", a-t-il ajouté.

L'Australie et le Canada, comme l'Allemagne et les Pays-Bas la veille, ont souhaité lundi une solution diplomatique qui mette fin aux tirs de roquettes des militants du Hamas contre l'Etat hébreu. De même, les Etats-Unis s'étaient prononcés pour "un cessez-le-feu durable", qui ne permette pas un retour au statu quo ante.

L'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, a appelé lundi à la tenue d'un sommet arabe extraordinaire consacré à "l'agression" israélienne contre la bande de Gaza, qu'il a qualifiée de "crime de guerre".

La Mauritanie, un des rares pays de la Ligue arabe à avoir des relations avec l'Etat hébreu, a "décidé de rappeler son ambassadeur en Israël". Depuis plusieurs jours, des milliers de manifestants exigeaient de Nouakchott la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, établies en 1999.

Lundi, des centaines d'Afghans ont manifesté à Mihtarlam, à 90 km à l'est de Kaboul, et Kandahar (sud), une centaine de personnes à Bruxelles et environ 200 à Bangkok pour dénoncer l'offensive à Gaza.