L’armée israélienne est entrée dans Gaza-ville

INTERNATIONAL  lun 5 jan

Selon les témoins palestiniens, des dizaines de combattants du Hamas, mais aussi du Jihad islamique, affrontaient l'armée israélienne dans le quartier de Choujaïya, dans l'est de la ville de Gaza. De nombreuses explosions ont été entendues dans le secteur alors que des hélicoptères ont mené plusieurs raids, selon ces sources.

Le Hamas a affirmé dans un communiqué avoir tiré des roquettes antichars sur au moins sept chars. Le mouvement Jihad islamique de son côté affirmé qu'un de ses combattants avait été tué dans les affrontements. Une source militaire israélienne a confirmé que des soldats menaient des combats acharnés dans ce secteur …

Le Hamas promet des combats difficiles à Gaza

La branche militaire du Hamas a affirmé ce lundi que des "milliers" de ses combattants étaient prêts à combattre l'armée israélienne dans les rues de la bande de Gaza. "Nous vous avons préparé des milliers de braves combattants qui vous attendent à chaque coin de rue, et vous accueilleront avec du feu et du fer", a affirmé Abou Obeida, le porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam, dans une intervention télévisée sur la chaîne du Hamas, Al-Aqsa (avant que celle-ci ne soit visée par l'armée israélienne, voir ci-dessous, ndlr). "Nous vous disons en toute confiance que votre défaite dans la bande de Gaza s'approche d'heure en heure. Aussi longtemps que l'agression s'intensifiera vos pertes s'alourdiront et vous vous enfoncerez davantage dans le bourbier de Gaza", a-t-il ajouté. "Grâce à Dieu, nous sommes au rendez-vous de la victoire et les juifs sionistes ne subiront que défaite et humiliation", a promis le porte-parole, le visage masqué par un keffieh rouge, devant une carte montrant les villes israéliennes touchées par les roquettes palestiniennes. "Les Brigades Qassam disposent d'encore beaucoup de moyens et n'ont utilisé qu'une partie de leurs forces jusqu'à présent", a assuré Abou Obeida, menaçant d'enlever des soldats israéliens "comme Gilad Shalit", un militaire détenu dans la bande de Gaza depuis juin 2006. "Shalit se sent seul et nous lui avons promis de la compagnie", a-t-il ironisé.

Un seul soldat israélien mort depuis samedi d'après Israël

Selon l'armée israélienne, un soldat a été tué et 55 autres ont été blessés depuis le lancement samedi soir de la phase terrestre. La branche armée du Hamas, qui a promis de transformer Gaza en "cimetière" pour les soldats israéliens, a affirmé dans un communiqué en avoir tué "11, dont un colonel", et blessé 48 autres. Jusqu'à cette entrée dans la ville de Gaza, les combattants palestiniens tiraient sur les blindés israéliens au mortier et à la roquette anti-char RPG, ont indiqué les témoins, sans faire état de combats rapprochés, les troupes israéliennes se gardant jusque là de pénétrer dans des villes et des camps de réfugiés à forte densité démographique.

Les médias du Hamas pris pour cible : 2 morts
 
L'armée israélienne a visé et détruit plusieurs locaux de médias palestiniens dans la bande de Gaza, a affirmé lundi l'ONG Presse Emblème Campagne (PEC) dans un communiqué. Les bureaux d'Al-Aqsa Television ont été détruits par un bombardement aérien le 28 décembre, ceux du journal Al-Resalah à Gaza City ont été bombardé le 3 janvier et ceux de la radio Sawt Al-Aqsa le 4 janvier, selon la PEC, qui cite notamment "le correspondant local" de l'ONG et le Centre palestinien pour le développement et la liberté de la presse (MADA), dont le siège est à Ramallah, en Cisjordanie.

La PEC, basée à Genève et qui milite pour une meilleure protection des journalistes dans les zones de conflits, a déclaré que deux employés des médias étaient morts dans des attaques israéliennes: Hamza Shahin, photographe de la Shehab News Agency le 26 décembre, avant l'actuelle offensive, et le cameraman Omar Silawi, le 3 janvier, pendant l'offensive. "Ces attaques rappellent celles déjà commises par Tsahal contre des médias libanais lors de la guerre du Liban en juillet-août 2006", a estimé la PEC qui a déploré en outre le refus des autorités israéliennes d'autoriser les journalistes non palestiniens à entrer dans la bande de Gaza.

La PEC "condamne les attaques contre les médias palestiniens à Gaza, et demande un accès libre des médias au territoire palestinien et la création d'une commission d'enquête internationale".

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Bilans : 50 Palestiniens tués, dont 12 enfants, rien que ce lundi


Cinquante Palestiniens ont été tués ce lundi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza au dixième jour de l'offensive de l'armée israélienne contre le mouvement islamiste Hamas, a affirmé le chef des services d'urgence du territoire, Mouawiya Hassanein. Parmi ces victimes, figurent douze enfants, tués à Gaza et Jabaliya, selon des sources médicales.

Selon M. Hassanein, 555 Palestiniens ont été tués depuis le lancement de l'offensive israélienne, le 27 décembre, et 2.700 autres blessés.

Réponse du Hamas : 32 tirs de roquettes sur Israël depuis dimanche soir et 4 blessés

Des groupes armés palestiniens ont tiré 32 roquettes depuis dimanche soir sur Israël, faisant quatre blessés légers, selon un nouveau bilan de la police israélienne.

L'un de ces engins a frappé de plein fouet une maison à Sderot, voisine de la bande de Gaza, causant des dégâts. D'autres engins, de plus longue portée, de type Grad, ont touché les villes d'Ashdod et d'Ashkélon, sur le littoral méditerranéen. Une roquette a chuté sur un jardin d'enfants fermé à Ashdod, causant de sérieux dégâts et faisant deux blessés légers. Deux personnes ont été légèrement blessées également à Ashkélon. Les jardins d'enfants et l'ensemble des établissements scolaires sont fermés sur ordre du commandement de la défense passive dans un rayon de 40 km autour de la bande de Gaza, depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza. Une roquette Grad a explosé aux abords de la ville de Beersheva, capitale du désert du Néguev (sud) distante de 40 km de la bande de Gaza.

Quelque 500 roquettes et obus de mortiers ont été tirés depuis le début de cette offensive sur Israël, faisant 4 tués et près d'une quarantaine de blessés, a indiqué lundi le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak.

Le Hamas promet la victoire aux Palestiniens

Le Hamas a promis lundi la "victoire" contre Israël, au dixième jour de l'offensive israélienne à Gaza où 14 Palestiniens ont été tués dans de nouvelles attaques, sur fond d'intense activité diplomatique internationale en vue d'une trêve.

"La victoire arrive grâce à Dieu", a affirmé le plus influent chef du Hamas à Gaza, Mahmoud al-Zahar, lors de sa première intervention télévisée depuis le début de l'offensive. La branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, "a donné le plus beau des exemples lors de la confrontation avec une armée que le monde croyait invincible. Vous allez la vaincre grâce à Dieu", a-t-il lancé dans une allocution lue à la télévision du Hamas, Al-Aqsa. "Les douleurs éprouvées d'aujourd'hui nous aideront à réaliser nos objectifs nationaux de demain", a poursuivi al-Zahar, martelant que Hamas ne renoncerait pas à "libérer toute la Palestine".

Israël poursuit sa marche en avant dans Gaza

Les attaques israéliennes, menées par l'aviation ou les chars qui occupent des axes stratégiques dans la bande de Gaza depuis dimanche, se sont poursuivis dans la matinée de ce lundi. Israël a affirmé avoir attaqué dans la nuit plus de 30 objectifs dans le territoire contrôlé par le Hamas depuis juin 2007.

Selon des témoins, les chars israéliens se sont notamment déployés aux abords du quartier de Zeitoun à Gaza-ville, celui de Toufah à l'est, et sur le site de l'ancienne colonie juive de Netzarim, évacuée dans le cadre du retrait israélien de la bande de Gaza à l'été 2005. La présence des chars israéliens dans le secteur de Netzarim leur a permis d'isoler Gaza-ville du sud de la bande de Gaza en coupant le principal axe routier dit de Salaheddine.

Crise humanitaire en vue

La guerre a entraîné une profonde dégradation d'une situation humanitaire déjà précaire dans un territoire exigu de 362 km² où s'entassent 1,5 million d'habitants. L'électricité était coupée dans la plupart des localités lundi pour le 10e jour consécutif et les pénuries de carburant s'aggravaient. La plupart des commerces restent fermés alors que les administrations, visées par les frappes, ont été paralysées.

Des queues monstres se formaient devant les quelques boulangeries ouvertes en prévision d'un siège prolongé. "La situation est très difficile. Nous avons peur pour nos enfants. Tous nos voisins ont quitté leur maison pour se réfugier chez des parents dans le centre de Gaza", a affirme Abou Jamal Khalifa, du quartier Al-Zeitoun.

> Crainte d'une crise humanitaire à Gaza

Ballet diplomatique

Dans le même temps, la diplomatie battait son plein pour tenter d'arracher une trêve, mais cet effort est compromis par le refus d'Israël d'entendre parler à ce stade d'une cessation des hostilités. Le Premier ministre israélien sortant Ehud Olmert a fait connaître cette position lors d'une série d'entretiens téléphoniques avec les présidents russe Dmitri Medvedev et français Nicolas Sarkozy, ainsi qu'avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Il a dit qu'Israël ne pouvait "stopper ses activités militaires avant d'avoir atteint les objectifs qu'il s'est fixés", selon un communiqué de son bureau. M. Olmert doit discuter de la situation à Gaza de vive voix lundi soir avec M. Sarkozy qui effectue une tournée régionale éclair. Une mission européene, conduite par le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, est également attendu en Israël et en Cisjordanie lundi.

> Livni exclut un cessez-le-feu immédiat

Le Hamas envoie pour sa part lundi une délégation au Caire pour des discuter avec les responsables égyptiens des moyens de mettre fin à la guerre à Gaza et d'obtenir la levée du blocus, selon un responsable du mouvement. Malgré l'offensive terrestre, des militants palestiniens continuent de tirer sur le sud d'Israël, l'armée israélienne signalant 11 tirs de roquette ou d'obus de mortier dimanche, sans faire état de