Gaza: début de l'offensive terrestre israélienne
"Je peux confirmer que des troupes israéliennes sont entrées" dans le territoire palestinien, a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée. Un "nombre important de forces" participent à la "deuxième phase" de l'offensive, qui a commencé avec l'entrée de troupes dans Gaza, a ajouté l'armée en annonçant que l'opération terrestre allait durer "de nombreux jours" et en menaçant les habitants de Gaza qui aideraient des "terroristes" du Hamas.
Des chars israéliens ont ouvert le feu sur des positions du Hamas dans le nord de la bande de Gaza, essuyant en retour des tirs de mortier, selon des témoins. Des témoins ont précisé avoir entendu des explosions et des tirs de chars au nord du camp de réfugiés de Jabaliya, à l'endroit où les troupes israéliennes ont pénétré de plusieurs centaines de mètres à l'intérieur du territoire palestinien, appuyées par des hélicoptères Apache.
Le ministre de la Défense Ehud Barak a signé "un ordre de mobilisation urgente de milliers de réservistes" dans le cadre de l'offensive terrestre, selon son porte-parole.
Un Palestinien de 11 ans tué
Un enfant palestinien a été tué et 11 autres ont été blessés par un tir d'obus de char israélien dans la ville de Gaza. C'est le premier décès recensé de l'offensive terrestre, selon des témoins et des sources médicales. L'obus de char est tombé sur une maison du quartier de Zeïtoun, dans l'est de la ville, a précisé le Dr Mouawiya Hassanein, directeur des services d'urgences pour la bande de Gaza.
Par ailleurs, de nombreuses personnes ont été blessées par un autre tir d'obus de char israélien à Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza, ont indiqué des témoins et la famille des victimes, sans être en mesure de préciser leur nombre.
Israël avait depuis le début de son offensive le 27 décembre bombardé par air et par mer la bande de Gaza, où au moins 460 Palestiniens, dont 75 enfants et 21 femmes ont péri, et 2.350 ont été blessés, selon des sources médicales palestiniennes. Pendant la même période, quelque 500 roquettes palestiniennes tirées de la bande de Gaza ont fait quatre morts en Israël, dont un soldat, et une quinzaine de blessés, selon les autorités israéliennes.
Le Hamas menace
Israël va payer "un lourd tribut" en représailles à son offensive terrestre, a averti la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, dans un communiqué.
Le Hamas s'est engagé à transformer la bande de Gaza en "cimetière" pour l'armée israélienne. "Votre entrée à Gaza ne sera pas une promenade de santé et Gaza sera votre cimetière avec l'aide de Dieu", a affirmé un porte-parole du Hamas, Ismaïl Radwane, lisant un communiqué sur la chaîne de télévision du Hamas.
"Vous n'avez pas d'autre choix que de mettre fin sans conditions à l'agression et de lever le blocus", a-t-il ajouté. "Vous (les Israéliens) ne jouirez pas de la sécurité aussi longtemps que notre peuple n'en jouit pas", a poursuivi le porte-parole.
Dans un message diffusé quelques heures plus tôt sur sa radio intérieure, le Hamas qui contrôle Gaza avait menacé d'enlever des soldats israéliens en cas d'offensive terrestre. "S'ils (les Israéliens) entrent (dans Gaza), Gilad Shalit aura de nouveaux amis", a-t-il averti, en allusion au soldat israélien capturé le 25 juin 2006 par un commando palestinien et détenu depuis dans Gaza.
La veille, le chef du Hamas, Khaled Mechaal, avait prévenu qu'un "sombre destin" attendait Israël s'il mettait les pieds à Gaza.
De son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas a condamné "vigoureusement" l'offensive terrestre lancée samedi par Israël à Gaza et réclamé une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU pour y mettre fin, a annoncé l'un de ses principaux collaborateurs.
L'artillerie en prélude
En prélude au lancement de son offensive terrestre, l'artillerie israélienne avait bombardé le long de la frontière orientale de la bande de Gaza avec Israël. Les commentateurs israéliens faisait des conjectures ces derniers jours sur l'éventualité d'une opération terrestre contre le territoire palestinien.
L'offensive israélienne s'est traduite par une détérioration de la situation pour la population d'un territoire surpeuplé et pauvre même avant la guerre. "La situation actuelle à Gaza est épouvantable et de nombreuses denrées de première nécessité ne sont plus disponibles", a déclaré Christine van Nieuwenhuyse, représentante du Programme alimentaire mondial dans les territoires palestiniens.
Le président américain George W. Bush a exhorté tous ceux qui le peuvent à faire pression sur le Hamas pour que le mouvement cesse ses tirs sur Israël et permette un cessez-le-feu qui "signifie quelque chose". Dans le même temps, son administration a dit laisser son allié israélien libre de décider de lancer ou non une offensive terrestre, se contentant de l'exhorter à éviter les victimes civiles.








