Sans la Banque Nationale, Fortis périclitait

BELGIQUE  ven 2 jan

C'est le journal l'Echo qui révèle ces informations ce vendredi après s'être procuré le texte complet de la décision de la Commission européenne prise le 3 décembre dernier dans le cadre du dossier Fortis. En plus des retraits massifs des clients, ce texte affirme que le 3 octobre, au plus fort de la crise, l'ensemble des montants prêtés par la Banque Nationale de Belgique (BNB) s'approchait des 100 milliards d'euros, rapporte encore le quotidien qui souligne aussi que Fortis va devoir limiter le rendement de son offre en ligne.

Dans son rapport de 27 pages, la Commission écrit que Fortis Banque a survécu la semaine du 29 septembre au 3 octobre uniquement "grâce aux prêts énormes consentis par la BNB".

Enfin, pour satisfaire aux exigences européennes en matière de concurrence, Fortis Banque devra s'engager à ne pas figurer, pendant deux ans, dans le top deux des meilleures offres de rendement en ce qui concerne les comptes à vue et les comptes épargne uniquement accessibles sur internet.

Enfin, le gouvernement, qui avait annoncé qu'il introduirait un pourvoi en cassation et une tierce opposition après l'arrêt de la cour d'appel du 12 décembre donnant raison aux actionnaires minoritaires de Fortis, ne les a toujours pas introduits. Le délai n'a cependant pas encore expiré. En matière civile, il est de trois mois.


Deux commissions d'enquête parlementaires

Le gouvernement Van Rompuy I a proposé deux commissions. Une commission parlementaire normale pour la saga Fortis et une deuxième spécifiques aux pressions politiques.

Du côté de l'opposition, on se demande pourquoi deux commissions ?  "Pourquoi fait-on compliqué là où on peut faire simple et clair ?" déclarait ce matin Isabelle Durant sur Bel RTL. "C'est de clarté et de transparence qu'on a besoin. pas de confusion" ajoutait la coprésidente d'Ecolo parlant de "drôle de manière de fonctionner, de saucissonner le dossier". Elle a indiqué que son parti irait dans ces commissions avec l'intention de "savoir ce qui s'est passé, pourquoi cela s'est passé comme ça et comment le gouvernement a agi dans cette affaire".