Cessez-le-feu de 48h à Gaza ?

INTERNATIONAL  mar 30 déc

A Paris, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) ont appelé à un "cessez-le-feu permanent" à Gaza, permettant un "accès humanitaire", a déclaré le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner sur la chaîne de télévision TF1.

Simultanément à New York, le Quartette pour le Proche-Orient (ONU, Etats-Unis, Russie, UE) a demandé un cessez-le-feu immédiat qui soit "pleinement respecté", selon un compte-rendu publié par l'ONU à l'issue d'une conférence téléphonique des membres du Quartette.

En Israël, le Premier ministre Ehud Olmert, la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni et le ministre de la Défense Ehud Barak étaient réunis en soirée pour étudier cette proposition.  Selon son porte-parole, Ehud Barak l'"envisage favorablement". Moshe Ronen a souligné qu'une telle perspective de suspension des hostilités "n'empêcherait pas Israël de préparer une offensive terrestre".

Selon des médias israéliens, le ministère de la Défense a recommandé que l'armée observe un cessez-le-feu de 48 heures, après quoi seulement l'armée lancerait une offensive terrestre si jusque-là le Hamas n'a pas accepté un accord de trêve satisfaisant pour Israël. Mais l'information a été officiellement démentie par le président israélien Shimon Peres: "ce que nous voulons ce n'est pas un cessez-le feu mais un arrêt du terrorisme".

Le Hamas a de son côté menacé de frapper le territoire israélien plus en profondeur avec ses roquettes si l'Etat hébreu poursuivait son offensive. "Nous disons aux dirigeants de l'ennemi: si vous continuez votre assaut, nos roquettes frapperont plus en profondeur que les villes que nous avons déjà touchées", a déclaré lors d'une conférence de presse à Gaza un porte-parole au visage masqué de la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam.      

> Mieux connaître le Hamas avec ce bref rappel historique 

Sur le front diplomatique, la Commission européenne a de nouveau demandé tant au Hamas qu'à Israël d'arrêter leurs attaques, tout en appelant à des "mesures urgentes" pour permettre l'accès de l'aide humanitaire à la population civile de Gaza.

En Egypte, le président Hosni Moubarak, dont le pays est frontalier avec la bande de Gaza, a lui aussi appelé à l'arrêt immédiat des raids israéliens.  

 

Soutien américain à l'intervention israélienne 

De son côté, le président américain George W. Bush a appelé mardi matin le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et son Premier ministre Salam Fayad pour discuter "des conditions d'un cessez-le-feu durable" à Gaza, a annoncé la Maison Blanche.

Le gouvernement du président sortant, qui tient le Hamas pour "responsable", a indiqué que "les Etats-Unis comprennent qu'Israël doive agir pour se défendre". La Maison Blanche a exhorté le Hamas à "cesser ses tirs de roquettes" et à "accepter d'observer un cessez-le-feu viable et durable pour que les violences actuelles s'arrêtent".

 

L'armée israélienne prête à une offensive terrestre

Sur le terrain, les forces terrestres israéliennes se tenaient prêtes à intervenir dans la bande de Gaza. "Les forces terrestres sont prêtes à agir. Tout le monde est en place sur le terrain", a déclaré à l'AFP la porte-parole de l'armée, Avital Leibovitz.

Depuis le début de l'offensive samedi matin, Israël a frappé la bande de Gaza essentiellement par les airs et épisodiquement par la mer, tout en agitant la menace d'opérations terrestres.

 

372 Palestiniens tués dont 39 enfants

Au total, 372 Palestiniens, en majorité des membres du Hamas, ont été tués, et plus de 1.700 blessés dans les attaques israéliennes depuis samedi, selon un nouveau bilan des services d'urgence à Gaza. Des dizaines de civils figurent parmi les morts, dont 39 enfants de moins de 16 ans et 13 femmes.

L'aviation israélienne a de nouveau bombardé les bureaux du Premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh et, pour la deuxième fois en deux jours, des tunnels de contrebande à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, selon des témoins.

Des appareils F16 ont largué des bombes de forte puissance près de la frontière du territoire avec l'Egypte. Un porte-parole militaire israélien a précisé que des "dizaines de souterrains" avaient été visés. Dimanche, l'armée de l'air avait procédé à un bombardement massif, larguant 20 bombes dans le secteur, pour tenter de stopper l'approvisionnement du Hamas en armes.

 

4 Israéliens tués

Mardi soir, une roquette de longue portée tirée par des groupes palestiniens a atteint, pour la première fois, la région de Beersheva, capitale du sud d'Israël, sans faire de blessé, selon une source policière.

Une quarantaine de roquettes et d'obus de mortier ont été tirés mardi contre le sud du pays, faisant un blessé à Sdérot, selon des sources militaires. Les tirs de roquettes et d'obus de mortiers ont fait depuis samedi quatre morts en Israël: trois civils et un soldat. Selon l'armée, pendant cette période, près de 300 roquettes et obus de mortier ont été tirés.

Pour Israël, l'opération "plomb durci", d'une violence inédite depuis l'occupation des territoires palestiniens par Israël en 1967, vise à mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud du pays.