Gaza: nouveaux appels à l'arrêt des raids israéliens et des tirs du Hamas

INTERNATIONAL  lun 29 déc

Plusieurs pays, notamment des Etats musulmans d'Asie, ont rejoint le concert de condamnations des raids d'Israël à Gaza, tandis que les capitales occidentales, tout en réclamant la fin des violences, étaient moins unanimes sur la responsabilité de cette nouvelle déflagration.

Le Pakistan comme l'Afghanistan, l'Indonésie et la Malaisie ont réclamé "l'arrêt immédiat" de l'offensive aérienne israélienne lancée samedi contre le mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza, qui a fait plus de 340 morts dont 57 civils. Ces raids font suite à des tirs de roquettes par le Hamas sur le sud d'Israël.

Le président pakistanais Asif Ali Zardari, en qualifiant ces raids de "contre-productifs", a appelé "instamment la communauté internationale à promouvoir un règlement pacifique, équitable et durable de la question palestinienne".

Le ministère afghan des Affaires étrangères a affirmé que ces bombardements qui "tuent des innocents" ne peuvent se justifier "au seul motif des politiques du Hamas", qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007.

Les talibans en rébellion contre les autorités afghanes ont condamné les "massacres" de "musulmans innocents", commis selon eux par Israël "avec le consentement et l'implication de l'Occident, notamment les Etats-Unis".

Comme la Malaisie, l'Indonésie, premier pays musulman du monde, a dénoncé "un usage disproportionné de la force" de la part d'Israël. Djakarta a qualifié les tirs de roquettes palestiniennes "d'acte d'auto-défense" face à "l'occupation militaire et à la colonisation" par l'Etat hébreu.

Résumant la position de nombreux pays musulmans, le président en exercice de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), le président sénégalais Abdoulaye Wade, a réfuté la raison avancée par Israël pour ses bombardements, qu'il a jugés "inacceptables" et qui "ne peuvent pas s'expliquer par des lancements de roquettes opérés par le Hamas".

La Chine a aussi employé un ton ferme envers Israël, se disant "choquée et sérieusement préoccupée", tandis que l'Afrique du Sud a convoqué l'ambassadeur d'Israël pour dénoncer la "brutale agression" de Tsahal.

Ailleurs dans le monde, plusieurs pays ont estimé que la responsabilité des violences était partagée.

Le Japon, mais aussi la Pologne et le Conseil de l'Europe ont ainsi appelé Israël comme le Hamas à la retenue.

Même demande de la part du ministre turc des Affaires étrangères Ali Babacan, pour qui "la poursuite du conflit pourrait provoquer sa propagation au-delà des frontières de Gaza".

Le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheit, en visite à Ankara, a aussi qualifié la situation de "très dangereuse", précisant avoir discuté avec son homologue turc de la manière de parvenir à un cessez-le-feu "immédiat".

A New York dimanche, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'était joint "à l'appel du Conseil de sécurité à un arrêt immédiat de toutes les violences". Le président américain élu Barack Obama s'était lui déclaré "déterminé" à oeuvrer pour la paix au Proche-Orient.

Le gouvernement du président sortant George W. Bush, qui tient le Hamas pour "responsable", a exhorté lundi que le mouvement islamiste à "cesser ses tirs de roquettes" et à "accepte d'observer un cessez-le-feu viable et durable pour que les violences actuelles s'arrêtent".

Le Canada et l'Allemagne ont aussi rendu le Hamas responsable de l'escalade de violence.

Pour la chancelière allemande Angela Merkel, "la responsabilité de l'évolution de la situation dans la région incombe clairement et exclusivement au Hamas" qui "a rompu unilatéralement le cessez-le-feu", a rapporté lundi un porte-parole.

Au sein de l'Union européenne (UE), le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband s'est montré plus critique vis-à-vis d'Israël, déplorant des pertes humaines "inacceptables". "Cela menace les chances d'une paix qui est si importante pour les Palestiniens (...) mais aussi pour Israël, et notamment parce que cela nourrit le radicalisme", a-t-il estimé.