Nouveaux raids aériens sur Gaza: 4 enfants tués

INTERNATIONAL  lun 29 déc

Quatre fillettes âgées d'un à 12 ans, d'une même famille, ont été tuées lors d'un raid aérien à Jabaliya dans le nord de la bande de Gaza. Elles habitaient près d'une mosquée visée par les raids. Les raids se sont concentrés sur la ville de Gaza.

Un porte-parole militaire a confirmé que l'aviation avait procédé à "plusieurs dizaines de raids" durant la nuit, sans précision. Un avion a bombardé l'Université islamique de Gaza, vide d'élèves, considérée comme un bastion du mouvement islamiste Hamas, sans faire de victimes, ont indiqué des témoins.

Cinq missiles tirés par cet avion, qui semblaient avoir pour cible principale le bâtiment des laboratoires de l'université, ont touché le site d'où s'élevaient des flammes et des nuages de fumée, en plein coeur de la ville de Gaza, ont précisé ces témoins.

Un porte-parole de l'armée israélienne a déclaré que le site était utilisé pour la fabrication de roquettes, explosifs et matériel électronique à destination de la branche armée du Hamas, et qu'un bâtiment voisin servent de centre de réunion pour des membres du mouvement et comme cache d'armes.

Israël a lancé samedi matin une opération baptisée "plomb durci" contre le Hamas dans la bande de Gaza, visant selon l'Etat hébreu à mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud du pays depuis ce territoire contrôlé par le mouvement islamiste.

Ces raids, particulièrement meurtriers samedi, ont fait plus de 300 morts, selon les services hospitaliers à Gaza.

 

Poursuite des condamnations de l'offensive israélienne
 
De nombreux pays continuaient à condamner l'offensive israélienne lancée à Gaza, qui a fait près de 300 morts depuis samedi, plusieurs d'entre eux appelant Israël à un arrêt immédiat des raids.

Le Japon a appelé Israël à la retenue et les activistes palestiniens à cesser les tirs de roquettes contre l'Etat hébreu. "Le Japon appelle les deux parties à cesser immédiatement l'usage de la force afin d'éviter d'aggraver encore la violence", a déclaré le ministre japonais des Affaires étrangères, Hirofumi Nakasone.

Sur un ton beaucoup plus ferme, la Chine a pressé Israël à cesser immédiatement ses opérations militaires. La Chine "est choquée et sérieusement préoccupée par les opérations militaires actuelles à Gaza qui ont causé un grand nombre de morts et de blessés", a déclaré le vice-Premier ministre Li Keqiang.

La Malaisie a jugé "disproportionnée" l'action d'Israël. "La Malaisie déplore l'usage disproportionné des moyens militaires par Israël contre la population de Gaza", a déclaré le Premier ministre Abdullah Ahmad Badawi. "Une catastrophe humanitaire doit être évitée par tous les moyens. La violence doit cesser immédiatement", a-t-il ajouté. Allié traditionnel du peuple palestinien et favorable à la création d'un Etat palestinien, la Malaisie n'entretient pas de relations diplomatiques avec Israël.

De l'autre côté de la planète, le Mexique a demandé dimanche l'arrêt "immédiat" des opérations militaires israéliennes et exprimé "sa plus grande préoccupation face aux bombardements effectués le 27 décembre par l'armée israélienne et à son usage excessif de la force". Mexico "rejette au même titre les lancers de roquettes sur le territoire israélien depuis la bande de Gaza".

A New York, le secrétaire général des Nations unies a joint dimanche sa voix à celle du Conseil de sécurité de l'ONU qui a appelé à l'arrêt de toutes les violences à Gaza et dans le sud d'Israël. Ban Ki-moon "se joint à l'appel du Conseil de sécurité à un arrêt immédiat de toutes les violences et de toutes les activités militaires", a déclaré sa porte-parole Michele Montas. "Il déplore que la violence continue et il appelle fortement, une fois de plus, à un arrêt de tous les actes de violences", a-t-elle ajouté. M. Ban avait déjà fait une déclaration similaire samedi, avant la réunion du Conseil de sécurité.

Le président américain élu Barack Obama s'est déclaré "déterminé" à oeuvrer pour la paix au Proche Orient, a indiqué un de ses proches conseillers dimanche. "Manifestement, la situation est devenue encore plus compliquée au cours des deux derniers jours et des dernières semaines (...) Mais c'est quelque chose (la paix) pour laquelle il est déterminé" à oeuvrer, a déclaré David Axelrod à la chaîne de télévision CBS.

Le Canada a de nouveau dimanche rendu le Hamas responsable de l'escalade de la violence dans la bande de Gaza. "Le fait que le Hamas prenne délibérément et constamment pour cible des civils (israéliens, ndlr) est la raison de ces évènements malheureux", a estimé le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.