Bye bye Yves Leterme

POLITIQUE  dim 21 déc

C'est la seule grosse information de la journée. Yves Leterme n'est pas candidat à sa propre succession. Il avait offert vendredi la démission du gouvernement au Roi Albert II. Bien que l'on ne connaisse pas encore la réponse du Roi, le scénario le plus vraisemblable consiste à reconduire la même majorité. La question restait toutefois posée de savoir si M. Leterme reprendrait le gouvernail de la nouvelle équipe. Une idée à laquelle les libéraux flamands d'Open Vld et les partis francophones étaient franchement opposés.     

La réponse est venue du Premier ministre démissionnaire lui-même, qui a décidé de faire un pas de côté en faisant savoir qu'il n'était pas désireux de jouer un rôle dans le prochain gouvernement.     

Yves Leterme veut à présent se concentrer sur les travaux de la Commission d'enquête parlementaire annoncée par la majorité. Elle devra déterminer si la crise financière a été convenablement abordée par le gouvernement et si dans le dossier judiciaire, la ligne rouge de la séparation des pouvoirs n'a pas été franchie. Le Premier ministre entend que son nom ne soit pas sali dans ce dossier.     

Reste à savoir qui les démocrates-chrétiens flamands vont proposer pour succéder à M. Leterme. Le ministre-président flamand Kris Peeters a d'ores et déjà fait savoir qu'il n'était pas candidat.



Au Belvédère, le mystère plane toujours

En attendant, les regards restent braqués vers le Belvédère. Le souverain poursuit ses consultations ce dimanche. Par prudence, il a reporté l’enregistrement de son discours de Noël.

Que se passe-t-il dans les murs du Belvédère ? C'est la question que tout le monde se pose ce dimanche soir, 48 heures après la démission du gouvernement Leterme. La présidente du CD&V Marianne Thyssen a été reçue à son tour par le Roi dans la soirée. Contrairement aux autres présidents de partis, elle semble être la seule à avoir déjà reçu une invitation royale, ce qui pourrait signifier que la balle se trouve actuellement dans le camp du CD&V.

Samedi, Albert II a reçu le ministre de la Justice démissionnaire, Jo Vandeurzen (CD&V), le président de la Chambre, Herman Van Rompuy (CD&V), et le président du Sénat, Armand De Decker (MR).

Jusqu'à présent, les partis de l'opposition n'ont pas encore été consultés. Ce que déplore l'ancien vice-premier ministre Johan Vande Lanotte (sp.a). Le socialiste flamand insiste pour que l'opposition soit également associée aux consultations actuellement menées par le Roi Albert II. "Nous sommes face à une crise institutionnelle fondamentale. Il est donc normal dans un Etat de droit démocratique qu'outre les partis de la majorité, on écoute les partis de l'opposition", a-t-il déclaré ce dimanche.

Depuis vendredi soir et la remise par Yves Leterme de la démission du gouvernement, le Roi mène une série de consultations. Actuellement, seul des membres des cinq partis de la majorité ont été entendus.

 

Quel est le scénario privilégié ?

Albert II n’a toujours pas décidé s’il accepte ou non la démission de Leterme. Parmi les scénarios possibles, c'est l'hypothèse de la mise en place d'un gouvernement remanié qui semble être privilégiée.

Dans ce cas de figure, le Roi accepterait la démission de Leterme et nommerait un formateur ou informateur. L'actuelle coalition se maintiendrait donc au pouvoir jusqu'aux élections du mois de juin. Sans Yves Leterme et Jo Vandeurzen. Une façon de gagner du temps et de pouvoir gérer la crise économique et financière. Si ce scénario se confirme, il faudra donc un nouveau Premier ministre. Plusieurs noms circulent...

> LIRE L'ARTICLE:  Pronostic des francophones : on ne change que Leterme et Vandeurzen

A noter que ce dimanche soir, le ministre de l'Intérieur Patrick Dewael a affirmé que des élections fédérales peuvent être organisées, même sans appliquer l'arrêt de la Cour constitutionnelle concernant l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Il a ainsi réfuté l'argumentation du CD&V, selon laquelle des élections fédérales, organisées conjointement avec les élections régionales et européennes, ne seraient pas juridiquement envisageables.

Qui pour succéder à Yves Leterme ?

Premièrement : Kris Peeters n'est pas candidat

Le ministre-président flamand a exclu ce samedi de succéder à Yves Leterme à la tête du gouvernement fédéral. "Je suis maintenant ministre-président flamand et je reste aussi ministre-président", a-t-il affirmé à la chaîne de télévision privée flamande VTM, dissipant ainsi toutes les rumeurs d'une "montée" au fédéral.

Deuxièmement : Il faut soit un CD&V, soit un libéral

Pourquoi ? Pour respecter l'équilibre entre les valeurs des cinq partis au pouvoir. Le poste de Premier ministre devrait donc revenir à une autre CD&V qu'Yves Leterme. Les noms cités sont, outre Kris Peeters qui a déjà décliné, Herman Van Rompuy, l'actuel président de la Chambre, et Marianne Thyssen, la présidente du parti socio-démocrate flamand. Autre possiblité évoquée, un retour aux "affaires" de Jean-Luc Dehaene, qu'on dit "proche" du Roi Albert II.

Mais un libéral ferait tout aussi bien l'affaire, puisque le CD&V a perdu des sièges à cause de l’éclatement de son cartel avec la N-VA. CD&V, MR et Open Vld peuvent prétendre à la même "part du gâteau". Seuls deux noms ressortent des bleus : l'ex-Premier ministre Guy Verhofstadt, ou le président du MR, Didier