Cuba: le président Raul Castro attendu au Brésil après le Venezuela

INTERNATIONAL  lun 15 déc

Le président cubain Raul Castro était attendu lundi au Brésil, venant du Venezuela dans sa première tournée hors de l'île, à la veille d'une série de sommets réunissant les dirigeants des pays d'Amérique latine et des Caraïbes.

Trente-trois dirigeants de la région devaient prendre part à un marathon diplomatique dans la station balnéaire brésilienne de Costa do Sauipe, près de Salvador de Bahia (nord-est).

Raul Castro, 77 ans, fera à cette occasion ses premiers pas sur la scène internationale depuis qu'il a pris en juillet 2006 la relève de son frère Fidel Castro resté, à 82 ans et malgré la maladie, un des gardiens du régime communiste.

Avant de se rendre au Brésil, le dirigeant cubain est resté deux jours à Caracas pour une visite symbolique --sa première hors de l'île en tant que président-- au côté de son homologue vénézuélien Hugo Chavez, le chef de file de la gauche radicale et bête noire des Etats-Unis en Amérique latine.

Le complexe touristique de luxe de Costa do Sauipe, situé à 80 km au nord de Salvador de Bahia, a été transformé en forteresse avec 4.000 policiers et militaires mobilisés pour protéger les dirigeants latino-américains. Des tireurs d'élite sont postés sur les toits tandis qu'un char barre l'entrée du complexe, que des hélicoptères survolent la zone et qu'une frégate patrouille le long de la plage.

Après une réunion lundi au niveau ministériel, le sommet du Mercosur, le marché commun sud-américain qui réunit l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay (avec le Chili et la Bolivie comme pays associés) ouvrira le marathon mardi matin.

Mardi après-midi se tiendra la première séance du Sommet extraordinaire Amérique latine-Caraïbe (CALC), une idée lancée au début de l'année par le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui permet aux pays de la région de se retrouver sans les Etats-Unis ni les anciennes puissances coloniales, l'Espagne et le Portugal. Une seconde séance aura lieu mercredi matin.

Ce sommet, dont le thème officiel est l'intégration et le développement, aura surtout un caractère symbolique car sans ordre du jour formel ni décision à la clé. Selon un diplomate brésilien, il proposera "d'approfondir le dialogue entre les pays de la région".

La réunion, qui pose le Brésil en leader régional, devrait être l'occasion pour les pays latino-américains de discuter de la crise économique mondiale qui affecte durement leurs économies émergentes.

Les 22 pays du Groupe de Rio se réuniront également mercredi pour accueillir officiellement Cuba dans ce forum créé en 1986 sans la tutelle américaine, marquant un nouveau pas dans l'intégration de l'île communiste à la communauté des pays latino-américains.

L'agenda prévoit également la troisième réunion de l'Union des Nations sud-américaines (Unasur), après sa fondation en mai.

Deux chefs d'Etat se sont désistés à la dernière minute: le Colombien Alvaro Uribe, proche des Etats-Unis, qui a annoncé qu'il devait se rendre dans le nord de la Colombie touché par des inondations, et le Péruvien Alan Garcia.