Raul Castro au Venezuela, première visite officielle comme président

INTERNATIONAL  sam 13 déc

Le président cubain Raul Castro a effectué samedi au Venezuela, son principal allié économique et politique, sa première visite officielle en tant que chef d'Etat depuis qu'il a pris la relève en 2006 de son frère Fidel à la tête de Cuba.

Le dirigeant communiste, dont l'avion a atteri à 11h00 locales (15h30 GMT) à l'aéroport international de Caracas, ne devait rester que quelques heures au Venezuela à l'occasion de ce déplacement symbolique auprès de son principal allié dans la région.

Accompagné de plusieurs ministres, Raul Castro, 77 ans, a reçu une vigoureuse accolade de son homologue Hugo Chavez, chef de file de la gauche radicale en Amérique latine et bête noire des Etats-Unis, qui l'a accueilli avec les honneurs militaires.

Les deux hommes devaient avoir en fin de journée une séance de travail au Palais de Miraflores de Caracas où devait s'achever la 9e réunion de la commission intergouvernementale des deux pays, qui s'était ouverte la veille.

Auparavant, ils devaient se rendre au Panthéon national pour se recueillir devant les restes de Simon Bolivar, grand artisan de l'émancipation des colonies espagnoles au XIXe siècle.

Le président cubain n'avait pas encore effectué de visite officielle à l'extérieur de l'île depuis qu'il avait pris en juillet 2006 la relève de son frère Fidel Castro, resté à 82 ans et malgré la maladie un des gardiens du régime.

M. Chavez, qui se considère comme le "fils spirituel" du vieux dirigeant historique cubain, lui a déjà rendu plusieurs fois visite dans sa "retraite médicale" tenue secrète dans les environs de La Havane.

Selon lui, la visite de Raul Castro a "la même signification" que celle de son frère à Caracas au lendemain de la révolution cubaine.

Vingt-deux jours après la chute de la dictature de Fulgencio Batista le 1er janvier 1959, le "lider maximo" s'était rendu dans la capitale vénézuélienne, d'où il avait prononcé son premier discours hors de Cuba.

"Raul va répéter l'histoire", a estimé M. Chavez.

Le président cubain devait initialement effectuer son premier déplacement international au Brésil pour le sommet Amérique latine-Caraïbes prévu mercredi prochain, avant que Hugo Chavez ne fasse l'annonce le mois dernier que cette première visite se ferait à Caracas.

"Raul Castro nous a annoncé, il y a quelques jours, qu'il avait été invité au Brésil, en Chine, en Russie, mais il ne peut aller dans aucun autre pays avant de venir comme président de Cuba au Venezuela", avait-il dit.

Outre les liens politiques, Caracas est devenu le premier partenaire économique de La Havane, à la suite de l'effondrement de l'Union soviétique au début des années 1990 et l'arrivée de M. Chavez au pouvoir il y a dix ans.

Principal exportateur latino-américain de pétrole, le Venezuela a signé de nombreux accords de coopération économique avec Cuba auquel il fournit notamment à prix préférentiels quelque 100.000 barils de brut quotidiens en échange de l'envoi de médecins cubains.

Les deux pays, en très mauvais termes avec les Etats-Unis --qui maintiennent depuis 1962 un embargo contre Cuba-- se sont rapprochés ces derniers temps de la Russie, dont les relations sont tendues avec Washington en raison notamment de son projet de bouclier antimissile en Europe de l'Est.

Caracas et La Havane ont par ailleurs lancé en 2005 l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba) dont font partie également la Bolivie, le Nicaragua et le Honduras et qui se veut une alternative à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) promue par les Etats-Unis.