Cuba: première visite de travail à l'étranger de Raul Castro au Venezuela
Le président cubain Raul Castro se rend samedi au Venezuela pour sa première visite à l'étranger en tant que chef d'Etat depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans et demi, un séjour symbolique chez son principal allié et autre bête noire des Etats-Unis.
"Raul Castro nous rend visite samedi. Bienvenue président!", a annoncé Hugo Chavez, principal allié et bailleur de fonds du régime cubain en Amérique latine, lors d'une réunion mercredi à Caracas.
Les autorités cubaines n'ont elles pas donné d'informations sur cette visite de moins de 24 heures de Raul Castro 77 ans, la première depuis qu'il a pris la relève de son frère Fidel, malade, en juillet 2006.
Raul Castro devait initialement effectuer son premier déplacement international au Brésil pour le sommet Amérique Latine-Caraïbes les 16 et 17 décembre, avant que Hugo Chavez ne fasse l'annonce le mois dernier que cette première visite se ferait à Caracas.
"Si le neveu l'a dit, il faut y aller", s'était contenté de répondre Raul Castro, ancien ministre de la Défense, qui doit par ailleurs se rendre en Russie l'an prochain à l'invitation du président russe Dmitri Medvedev.
Chef de file de la gauche radicale dans la région, M. Chavez, qui se présente comme le "fils spirituel" de Fidel Castro, a affirmé que cette visite avait "la même signification" que celle du "Lider maximo" à Caracas en 1959.
Vingt-deux jours après la victoire de la révolution cubaine, qui fête le 1er janvier son cinquantième anniversaire, Fidel Castro s'était rendu dans la capitale vénézuélienne, d'où il avait prononcé son premier discours hors de Cuba.
"Raul va répéter l'histoire", a souligné M. Chavez, qui n'a pas donné de détails sur son agenda, précisant seulement qu'il se recueillerait devant le Panthéon, où reposent les restes de Simon Bolivar, héros national et artisan de l'émancipation des colonies espagnoles en Amérique latine au XIXe siècle.
"Son premier geste sera d'aller au Panthéon national pour rendre les honneurs à Bolivar, le grand père de la liberté sur ce continent", a-t-il indiqué.
Outre les liens politiques, le Venezuela est devenu, avec l'arrivée de M. Chavez au pouvoir il y a dix ans, le premier partenaire commercial de l'île communiste, lui fournissant quotidiennement 100.000 barils de pétrole à des prix préférentiels en échange de l'envoi de médecins cubains.
Les deux pays, en très mauvais termes avec les Etats-Unis -- qui maintiennent depuis 1962 un embargo contre Cuba -- se sont rapprochés ces derniers temps de la Russie, dont les relations sont tendues avec Washington en raison notamment du projet américain de bouclier antimissile en Europe de l'est.
Caracas et La Havane ont par ailleurs lancé en 2005 l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba) dont font partie également la Bolivie, le Nicaragua et le Honduras et qui se veut une alternative à la ZLEA, "Zone de libre-échange des Amériques", soutenue par les Etats-Unis.
Hugo Chavez a récemment soutenu la création d'une monnaie qui s'appellerait "sucre" et qui permettrait aux pays latinos-américains orientés à gauche de réduire leur dépendance vis-à-vis du dollar.








