Le surendettement, un fléau causé par les cartes de crédit
La « journée sans crédit » de ce samedi s’en prend aux cartes de crédit et particulièrement à celles dont les grandes surfaces vous font bénéficier … à vos frais. En effet, si les crédits sont nécessaires et bien utiles pour la plupart des grandes dépenses comme un prêt immobilier ou un crédit voiture, payer à crédit ses bien de consommation quotidienne se révèle une bien mauvaise habitude à prendre.
Car ces "crédits magasins" coûtent très cher à cause de leur taux d’intérêt, entre 14 et 19% ! Concrètement, cela signifie qu’en ces temps de crise, la tentation d’acheter un pain à 2€ fera que vous le paierez finalement entre 2,28€ et 2,38€. Faites le compte si vous payez votre caddie entier à crédit, et vous comprendrez facilement pourquoi on s’endette facilement et inconsciemment.
Cela provoque un cercle vicieux : vous n’avez pas l’argent pour acheter un bien, vous l’achetez à crédit, et le ou les mois suivants, vous devez toujours le payer … encore plus cher … avec les mêmes revenus qu’avant. Donc pour pouvoir rembourser, on emprunte à nouveau, et ainsi de suite jusqu’à ne plus pouvoir rembourser.
En 2007, cela concernait plus de 340.000 belges pour un total de 491.000 crédits défaillants, qui étaient fichés à la Banque Nationale Belge pour non remboursement de crédit.
Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté, Jean-Marc Delizée (PS), lance dix mesures pour lutter contre le surendettement, mais il regrette le peu de soutien du ministre de l'Economie, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), peut-on lire ce samedi dans le quotidien La Libre Belgique. "Je ne ressens pas que mon collègue prend cela pour une priorité", note-t-il.
Il ne s’agit pas ici de conseils pour les particuliers, mais bien de mesures préventives pour aider ces particuliers.
1) Renforcer le contrôle sur la publicité pour les crédits et les sanctions en cas de manquement.
2) Imposer des limites sur les taux de certaines cartes de crédit délivrées dans les magasins.
3) Imposer une séparation physique entre le lieu d'achat et celui où l'on contracte un crédit, pour "pouvoir marquer un temps de réflexion entre le prêt et l'achat".
4) Introduire un délai pour une remise à zéro des comptes. "Actuellement, des gens sont constamment dans le rouge et les intérêts continuent de tourner", remarque-t-il.
5) Imposer une formation obligatoire à tous les prêteurs.
6) Contraindre les nouveaux organismes prêteurs (grandes chaînes de magasin, etc.) à participer au financement du Fonds de traitement du surendettement. Aujourd'hui, seules les banques sont obligées de le faire.
7) Obliger les médiateurs à rencontrer une ou deux fois par an les personnes engagées dans un plan d'apurement des dettes.
8) Limiter le prélèvement maximal, qui peut être ordonné par des juges, au seuil de pauvreté, supérieur au revenu d'intégration sociale.
9) Changer la loi qui interdit aux bureaux de recouvrement de dette de faire supporter aux personnes surendettées des frais supplémentaires, mais qui ne concerne pas les huissiers.
10) Mesure concrète et non proposition : la tenue d'une conférence interministérielle sur le surendettement pour mieux faire converger les efforts, car il considère que la lutte contre le surendettement est une compétence aux mains de plusieurs niveaux de pouvoir.








