Crise: l\'Europe met 200 milliards sur la table
Ce plan concerté, sur le principe duquel les dirigeants européens ont peiné à se mettre d'accord, va s'élever à 200 milliards d'euros au total pour toute l'UE, soit 1,5% du Produit intérieur brut européen, ont indiqué des sources européennes. C'est davantage que les 130 milliards d'euros (1% du PIB) qui avaient été envisagés lors des préparatifs de ce plan. La décision doit être officiellement annoncée à la presse par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui détaillera ses recommandations.
critique+le+plan+de+relance+europ%C3%A9en\" target=\"_blank\">Ce plan ne fait pas que des heureux: l'Allemagne en particulier, en critique plusieurs points (lire l'article complet ici).
Le plan ne contient pas d'argent frais massif au niveau européen, étant donné les limites du budget de l'UE, bloqué jusqu'en 2013. Les mesures nationales représenteront 1,2% du PIB européen à elles seules et les fonds européens seulement 0,3%, selon les sources européennes.
Le plan ressemble à une vaste "boîte à outils", contenant un ensemble de propositions d'actions dans lesquelles les gouvernements pourront piocher.
"La plupart des leviers de politique économique, et en particulier ceux qui peuvent stimuler la demande des consommateurs à court terme, sont entre les mains des Etats", selon le projet de plan de la Commission.
Pour la Commission, cette relance budgétaire "est à prévoir pour une période maximum de deux ans (2009-2010)", au terme de laquelle "les budgets des Etats membres devront s'engager à corriger la détérioration budgétaire et revenir aux objectifs à moyen terme" d'équilibre des comptes publics.
Les gouvernements européens ont déjà commencé à annoncer des mesures de soutien qui se chiffrent en dizaines de milliards d'euros. "Nous ne devrions pas tomber dans une course aux milliards", a cependant mis en garde mercredi la chancelière allemande Angela Merkel, sous le feu des critiques car la première économie européenne est accusée de ne pas faire suffisamment face à la récession.
Le plan européen reste cependant timide au regard de programmes de relance décidés ou envisagés ailleurs dans le monde. Les autorités américaines ont annoncé mardi un ensemble de mesures destinées à soutenir le crédit à la consommation et le marché immobilier pour 800 milliards de dollars. Et le président démocrate élu Barack Obama envisage une enveloppe de 700 milliards de dollars.
Le plan inclura des mesures décidées au niveau national par certains gouvernements, ainsi que des fonds européens, et fera des propositions aux pays sur les pistes à suivre pour soutenir l'activité. La Commission recommande en particulier de prendre des mesures de dépenses publiques, "qui ont un impact sur la demande à court terme".
- Aider financièrement les plus démunis : Elle suggère aux Etats d'investir dans des projets bénéficiant aux PME, ou dans des mesures pour les ménages "les plus touchés par le ralentissement" économique, par exemple avec "des transferts accrus vers les ménages au chômage ou à bas revenus, ou un allongement temporaire des allocations chômage".
- Réduire les impôts directs tels que la TVA : Elle préconise aussi des baisses d'impôts indirects comme la TVA, qui permettent de "donner une impulsion forte à la consommation". La Grande-Bretagne a déjà annoncé qu'elle ramenait son taux de TVA de 17,5% au taux minimum européen de 15%, mais la France et l'Allemagne ne veulent pas de baisses de TVA généralisées chez elles.
- Moins de taxes sur le travail et favoriser l’écologie : Bruxelles propose aussi des taxes réduites sur le travail, surtout pour les bas salaires, et des incitations fiscales pour favoriser l'économie "verte" et lutter contre le réchauffement climatique. Des mesures sont prévues en particulier pour le secteur automobile en crise, et la construction.
Appel à la Banque centrale européenne pour qu’elle baisse encore ses taux d’intérêts
Pour accompagner ce plan, la Commission appelle aussi la Banque centrale européenne (BCE) à baisser encore ses taux d'intérêt en zone euro, indiquant qu'il y a "de la marge pour de nouvelles réductions".








