François Fillon veut croire en la paix au Liban malgré sa "fragilité"

POLITIQUE  ven 21 nov

Le Premier ministre français François Fillon a clôturé vendredi sa visite au Liban en se rendant auprès du contingent français de la Finul et s'est félicité "des progrès" de la paix au pays du Cèdre tout en insistant sur son caractère "fragile".

Le chef du gouvernement s'est rendu au camp d'At-Tiri, à dix kilomètres de la frontière israélienne où est stationnée une partie des 1.900 hommes du contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) chargée depuis trente ans de sécuriser cette région très sensible.

A l'été 2006, une guerre meurtrière avait encore opposé le Hezbollah, majoritaire dans cette zone, et Israël.

"Beaucoup reste à bâtir au sud-Liban. La paix n'est pas entièrement, ni définitivement acquise. Mais chaque jour des progrès s'accomplissent", a estimé M. Fillon qui a passé plus d'une heure sur la base militaire des casques bleus.

Même si le survol régulier de l'armée israélienne et l'arsenal en possession de la milice chiite sont des facteurs "inquiétants", "on revient de très loin" selon le Premier ministre français.

"La situation politique du Liban s'est nettement améliorée depuis le déploiement renforcé en 2006" mais "cette paix encore fragile nous invite à intensifier notre effort dans tous les domaines", a-t-il affirmé.

Lors de sa visite en juin, le président Nicolas Sarkozy devait se rendre à At-Tiri mais il avait annulé in extremis "pour des raisons d'agenda".

Si le danger pour le Liban peut venir de son voisin israélien, la "concorde" nationale est aussi menacée par des oppositions entre confessions. Les accords de Doha (Qatar) de mai ont ainsi mis fin à une crise politique de plus d'un an et demi.

Mais le véritable test aura lieu au printemps avec les élections législatives. La France est prête à fournir son concours "technique" si le Liban le demande, a indiqué M. Fillon. Dans son entourage, on précise qu'est envisagé l'envoi d'observateurs dans un cadre européen.

Il s'agit du deuxième scrutin de ce genre depuis que la Syrie, ancienne puissance de tutelle, a retiré ses troupes du territoire de son petit voisin en 2005, après une présence d'environ 30 ans. La minorité parlementaire menée par le Hezbollah chiite et soutenue par Damas et Téhéran, espère renverser la donne en battant la majorité antisyrienne actuelle.

M. Fillon s'est félicité de l'établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie, qui selon lui "doit signer une reconnaissance claire et nette de l'indépendance du pays" du Cèdre.

"Nous attendons que ce projet soit suivi de faits avant la fin de l'année conformément aux engagements pris", a-t-il souligné, en référence à l'ouverture prévue d'ambassades dans les deux Etats.

Selon lui, d'"autres mesures indispensables doivent" être mises en oeuvre, comme "la délimitation de la frontière (entre les deux pays), le renforcement de son contrôle" et "le traitement du dossier douloureux des disparus".

Les familles de Libanais disparus ou détenus en Syrie réclament depuis des années que leurs proches soient libérés ou que leur sort soit rendu public. Ces personnes, qui seraient 650 selon des ONG libanaises, avaient été arrêtées durant la guerre civile au Liban (1975-1990).

Enfin, M. Fillon, qui était accompagné d'une délégation d'une cinquantaine de patrons, a encouragé les entrepreneurs français "à faire le choix du Liban" pour conforter son économie en plein boom mais aussi pour gagner des parts de marché.