Kenya: le gouvernement de coalition publié ce dimanche

 dim 13 avr

La composition du gouvernement de coalition qui doit régler la sanglante crise post-électorale au Kenya doit être annoncée ce dimanche après-midi, a annoncé le service de presse de la présidence kényane.

"Le président Mwai Kibaki va annoncer aujourd'hui dimanche 13 avril le gouvernement de grande coalition", indique un communiqué du service de presse présidentiel publié à Nairobi.

Cette annonce suit "une journée de consultations (samedi) du président Kibaki avec Raila Odinga", le chef de l'opposition, qui doit être nommé Premier ministre, ajoute le communiqué, selon lequel la liste du cabinet doit être publiée vers 16H00 (13H00 GMT). Samedi soir, des sources politique kényane et diplomatique occidentale avaient indiqué que les deux hommes étaient parvenus à un accord sur la composition du gouvernement.

Les négociations sur ce gouvernement achoppaient jusque présent sur la répartition des postes de ministres, les deux camps s'accusant mutuellement des blocages. Alors que MM. Kibaki et Odinga avaient affirmé le 3 avril être tombés d'accord sur la taille et la composition de ce gouvernement prévoyant la création d'un poste de Premier ministre destiné à M. Odinga, leurs deux camps avaient affiché dès le 5 avril leurs désaccords profonds, entraînant une semaine plus tard la suspension des discussions.

MM. Kibaki et Odinga étaient parvenus, sous la médiation de l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, à un accord de gouvernement de coalition le 28 février pour sortir le pays d'une crise post-électorale sanglante. Cet accord avait été entériné à l'unanimité par le Parlement le 18 mars.

La contestation par l'opposition de la réélection de M. Kibaki lors de la présidentielle entachée de graves irrégularités du 27 décembre, a plongé le Kenya dans une crise politique majeure, qui a fait 1.500 morts et plus de 300.000 déplacés. Face à la perspective d'un nouveau blocage politique susceptible de provoquer de nouvelles violences, la communauté internationale a multiplié ces derniers jours les pressions sur les dirigeants kényans pour qu'ils trouvent un terrain d'entente.

Les craintes de nouvelles violences ont été ravivées par des manifestations fustigeant les retards dans l'annonce du cabinet qui ont éclaté en début de semaine dans un bidonville de Nairobi.

En début de semaine, Washington, allié traditionnel du Kenya, avait réclamé la formation "sans plus de délai" d'un gouvernement de coalition.