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Une mesure fait polémique en Flandre: autoriser les enfants à parler leur langue maternelle à l'école

 

Faut-il interdire aux enfants de parler leur langue maternelle à l'école? Pour les nationalistes flamands, c'est oui! Ils ne veulent que le néerlandais, et rien d'autre dans les cours de récréation et les classes du nord du pays. Mais tout le monde n'est pas de cet avis. Un débat qui a fait la une de l'actualité en Flandre cette semaine, et que Chantal Monet et Gaelle Van Langendonck décryptent dans le RTLinfo.

Dans l'école de Vilvorde où une équipe de journalistes s'est rendue, 98 % des enfants n’ont pas le néerlandais comme langue maternelle. Il est donc très peu parlé à la maison. "Parfois le Néerlandais, le Français et le Congolais", répond une petite fille quand on lui demande quelles langues elle parle. "Parfois le Néerlandais, le Français et le Portugais avec Maman", indique une autre.

Et même en classe, il n’est pas rare d’entendre différentes langues. "Parfois ils ne trouvent pas le mot en Néerlandais. Ils le disent alors dans la langue parlée à la maison. Si par exemple c’est en arabe, on demande si certains comprennent ce que leur camarade veut dire. Voilà, c’est comme cela qu’on se rattrape", explique une institutrice.

Si on dit "Pas de turc en classe", l'enfant reçoit une image négative de l'apprentissage

Les enfants des écoles flamandes pourront désormais parler la langue de leur choix dans la cour de récré, mais aussi en classe. C’est une recommandation du pouvoir organisateur. Car selon une étude commandée par le gouvernement flamand, interdire à un enfant de parler sa langue maternelle serait contre-productif. "Les études internationales démontrent que lorsqu’un enfant a la chance de pouvoir d’abord apprendre à lire et écrire sa langue maternelle, il apprend plus facilement une seconde langue. Quand on leur dit par exemple 'pas de turc en classe mais seulement du néerlandais', eh bien l’enfant reçoit une image négative de l’apprentissage", précise Piet Van Avermaet, professeur à l'Université de Gand.


Les nationalistes flamands ne veulent pas d'autres langues à l'école

Permettre aux enfants de parler leur langue, une idée absurde selon le président des nationalistes flamands. "J’ai cru à un poisson d’avril ce matin lors que j’ai entendu à la radio que le pouvoir organisateur allait permettre aux enfants de s’exprimer dans leur langue maternelle à l’école. Alors que nous faisons tout en Flandre pour donner une chance aux nouveaux arrivants de s’intégrer sur le marché de l’emploi, on va demain laisser les enfants parler en classe en Arabe, en Farsi, en Sawahili et j’en passe tout en attendant des instituteurs qu’ils les comprennent et les accompagnent. Comment voulez-vous que ces enfants soient préparés pour le vivre ensemble?", a lancé Bart De Wever, président de la N-VA.

Il y a de nouveaux arrivants qui ne savent même pas dire s'ils doivent aller aux toilettes...

La NVA est le seul parti à s’opposer à cette recommandation. Tous les autres partis flamands suivent la ministre flamande de l’Enseignement. Pour elle, il n’y a pas de risque à ce que les enfants délaissent le néerlandais. "Il n’y a pas de risque. Les instituteurs savent que la langue d’enseignement est le néerlandais. Si les enfants veulent s’expliquer entre eux quelque chose dans leur langue, pour moi c’est possible mais seulement s’il s’agit de mieux comprendre et apprendre le néerlandais", a rétorqué Hilde Crevits (CD&V), ministre flamande de l'Enseignement.

"Un enfant ne peut apprendre que s’il se sent bien et en sécurité. Il y a des nouveaux arrivants qui ne savent même pas dire qu’ils doivent aller aux toilettes… Si ces enfants n’ont plus envie de franchir le seuil de la porte de l’école, ils ne vont rien apprendre", a ajouté Birgit Turf, directrice de l'école à Vilvorde.

Le pouvoir organisateur compte sur le bon sens des enseignants pour trouver le juste équilibre entre le bien-être de l’enfant et les impératifs de l’apprentissage. 

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