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Clichy: une centaine d'élus tentent d'empêcher une prière de rue

Clichy: une centaine d'élus tentent d'empêcher une prière de rue
Le maire LR de Clichy Remi Muzeau (C) et la présidente de la Région Île-de-France Valérie Pecresse lors d'une manifestation contre les prière de rue à Clichy dans les Hauts-de-Seine, le 10 novembreALAIN JOCARD
 

"L'Etat doit interdire les prières de rue". Une centaine d'élus en écharpe tricolore ont tenté vendredi à Clichy (Hauts-de-Seine) d'empêcher des fidèles musulmans de faire leur prière dans la rue, a constaté une journaliste de l'AFP.

"L'espace public ne peut pas être accaparé de manière irrégulière", a déclaré Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d'Ile-de-France, présente au rassemblement organisé à l'appel du maire LR de Clichy Rémi Muzeau. "Le maire a passé énormément de temps à trouver une solution. Quand la solution, on la trouve pas, il faut un peu de fermeté. Et c'est ce qu'on demande à l'Etat", a-t-elle poursuivi devant la presse.

"Le ministre de l'Intérieur doit interdire les prières (de rue), a renchéri M. Muzeau. Moi je dois assurer la tranquillité et la liberté des gens de ma ville".

La préfecture des Hauts-de-Seine a précisé qu'une telle interdiction se devait d'être "strictement nécessaire au maintien de l'ordre public". "Il ne suffit pas qu’il existe (...) une menace de trouble à l'ordre public susceptible de justifier la mesure de police, il faut que cette mesure soit appropriée, par sa nature et sa gravité à l'importance de la menace", a-t-elle expliqué.

Réunis derrière une banderole proclamant "Stop aux prières de rue illégales", édiles, parlementaires, conseillers municipaux, départementaux et régionaux LR, UDI, MoDem et FN, venus pour beaucoup de région parisienne, sont sortis de l'hôtel de ville pour aller au devant de quelque 200 fidèles rassemblés dans une rue piétonne pour la prière, comme tous les vendredis depuis le mois de mars.

Ces fidèles protestent contre la fermeture en mars de leur lieu de culte en centre-ville, accusant le maire de ne pas leur proposer de "terrain adapté avec option d'achat" pour qu'ils puissent y construire un nouveau local. Le maire argue, lui, qu'une mosquée existe déjà dans le nord de la commune et peut les accueillir, ce qu'ils contestent.

Entonnant la Marseillaise, dans une ambiance tendue, les élus se sont massés sur les lieux, allant au contact des forces de l'ordre qui ont reculé, repoussant ainsi de quelques mètres les fidèles musulmans installés sur leurs tapis de prière.

Celle-ci s'est tout de même tenue, derrière un double cordon de gendarmes mobiles qui ont contenu quelque 200 personnes, selon la police: élus, habitants opposés aux prières de rue et quelques membres du parti Force laïque qui scandaient bruyamment "Aucun culte, la France est laïque".

Interrogé par l'AFP, Hamid Kazed, qui préside l'UAMC, a déploré "des provocations", appelant le maire à revenir "au dialogue".

La police avait évacué le 22 mars la salle de prière de la rue d'Estienne d'Orves, au terme d'un long bras de fer entre la mairie, qui veut en faire une médiathèque, et l'Union des associations musulmanes de Clichy (UAMC) qui refusait de quitter les lieux malgré une injonction de justice.

Cette salle avait été aménagée sous la précédente municipalité PS et louée sous un "bail précaire" à l'UAMC, qui voulait la racheter.

A l'échéance du bail, le nouveau maire Rémi Muzeau, élu en 2015, avait "malgré ses promesses électorales" décidé de transformer en médiathèque le lieu qui accueillait quotidiennement de 3.000 à 5.000 fidèles, a déploré Laoucine Ikij, secrétaire de l'UAMC qui a mené la prière ce vendredi.

Rémi Muzeau avait parallèlement inauguré la mosquée des Trois-Pavillons, gérée par une autre association cultuelle, à 1,5 km du centre-ville. Mais l'UAMC juge cette mosquée excentrée, trop exiguë et ne respectant pas les normes de sécurité, ce que le maire récuse.

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