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Apprentissage: le point sur une filière mal aimée

Apprentissage: le point sur une filière mal aimée
Un jeune apprenti plombier à Arras, en septembre 2014PHILIPPE HUGUEN
 
education, Formation, Apprentissage

Le gouvernement s'apprête à réformer l'apprentissage, qui souffre d'un déficit d'image malgré ses débouchés. Qui sont les apprentis, combien gagnent-ils et trouvent-ils facilement un emploi ? Quels sont les principaux acteurs de la filière et ses financements ?

- Qui et combien sont les apprentis ?

Accessible aux jeunes de 16 à 25 ans, l'apprentissage est une formation initiale qui alterne cours théoriques et périodes en entreprise. Elle permet de préparer des diplômes de tous niveaux : CAP, BEP, bac professionnel, BTS, licence, master... Un contrat d'apprentissage dure en moyenne 20 mois.

Pendant l'année scolaire 2016-2017, les effectifs d'apprentis ont culminé autour de 420.000, ce qui représente 7% des jeunes de 16-25 ans. Ces dernières années, moins de 290.000 nouveaux contrats ont été signés chaque année, dont deux tiers par des apprentis de sexe masculin. Si ces chiffres du ministère du Travail sont en hausse depuis trois ans, ils restent très inférieurs au pic enregistré en 2011-2012, avec des effectifs qui flirtaient avec les 460.000 apprentis.

L'objectif de 500.000 apprentis, fixé depuis des années par les gouvernements successifs, est encore loin.

Si une majorité d'apprentis préparent des diplômes de type CAP, BEP ou bac professionnel (62% en 2016), la part des apprentis du supérieur (bac+2 et plus) grandit sans cesse depuis 1987, année où l'apprentissage a été autorisé pour préparer les diplômes de l'enseignement supérieur.

La quasi-totalité des apprentis effectuent leur formation pratique dans des entreprises du secteur privé. En 2016-2017, l'effectif d'apprentis du secteur public n'a pas dépassé 18.000 jeunes, soit moins de 5% de l'ensemble des apprentis. Les administrations peuvent accueillir des apprentis depuis 1992.

La formation théorique s'effectue dans un des quelque 1.000 centres de formation des apprentis (CFA) ou, pour 10% des apprentis, en lycée professionnel.

- Insertion dans l'emploi et salaires

En 2016, les anciens apprentis affichaient un taux d'insertion dans l'emploi de 68% sept mois après la fin de leur formation, selon des chiffres du ministère de l'Education. Selon le diplôme préparé, qu'ils l'aient obtenu ou pas, ce taux d'insertion est de 54% pour un CAP, de 66% pour un bac pro, de 77% pour un BTS ou de 79% pour une licence ou un master.

A diplôme équivalent, l'insertion est généralement meilleure après un cursus en apprentissage qu'en sortant des filières classiques, surtout dans le secondaire.

Selon le ministère du Travail, un apprenti sur cinq (20%) abandonne définitivement en cours de route. Ce taux est plus élevé dans le secteur de l'hôtellerie-restauration (38%), pour des diplômes de type CAP-BEP (29%) et dans les petites entreprises (26%).

La rémunération moyenne des apprentis était de 869 euros net par mois en 2014. La loi fixe des minima qui progressent selon l'âge et l'année d'apprentissage: de 25% du Smic la première année pour un jeune de moins de 18 ans, à 78% du Smic la troisième année pour un jeune de 21 ans ou plus.

- Qui finance et quelles sont les aides ?

Etat, entreprises et régions participent au financement de l'apprentissage, pour un montant total de 8,5 milliards d'euros en 2013. Près de la moitié est financée par les entreprises, par la rémunération des apprentis, la taxe d'apprentissage et les malus payés par les entreprises qui n'emploient pas assez d'apprentis.

L'Etat et les régions déboursent le reste à hauteur de deux milliards d'euros chacun. Pour l'Etat, il s'agit essentiellement d'exonérations de cotisations et de crédits d'impôts. Quant aux régions, elles sont les premiers financeurs des CFA.

Etat et régions financent aussi des aides à l'apprentissage. L'Etat verse une aide "TPE Jeunes apprentis" de 4.400 euros aux entreprises de moins de 11 salariés qui accueillent un apprenti mineur. Les régions versent deux primes: une pour les TPE (1.000 euros minimum par année de formation), une pour les entreprises jusqu'à 249 salariés (1.000 euros minimum versés une seule fois). Les TPE peuvent cumuler les trois aides.

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