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Quelles sont les vraies raisons de la démission de Willy Demeyer? Menaces de mort, insultes, campagne électorale…

  • Un journaliste local explique les coulisses de la démission de Demeyer: "Insultes, critiques, menaces de mort..."

  • Willy Demeyer démissionne de deux mandats: "Il a été très habile, il a lancé sa campagne électorale pour Liège"

 
 
 

Willy Demeyer a annoncé qu'il démissionnait de sa fonction de président de la fédération socialiste de Liège. Dans la foulée, il a également renoncé à son mandat de député fédéral. Tout ça pour, d'après lui, se concentrer sur sa fonction de bourgmestre de Liège, un poste qu'il occupe depuis 1999.

Cette raison évoquée par Willy Demeyer est-elle la seule? L'émission C'est pas tous les jours dimanche s'est posée la question et a invité un journaliste liégeois, Luc Gochel, de Sudpresse, pour témoigner. Nos chroniqueurs ont également analysé la démission de l'homme fort de la Cité Ardente.


"Il est sans cesse vilipendé, insulté, invectivé... il est même menacé de mort"

D'emblée, le journaliste Luc Gochel indique "qu'il n'est pas de bon ton de défendre les hommes politiques par les temps qui courent, mais je vais quand même essayer de le faire". "Ça fait des années qu'il se bat pour redresser sa ville, avec un certain succès. On lui a demandé de s'occuper aussi de tous les problèmes internes à son parti, les problèmes de factions, de rivalité. On lui a ensuite demandé de s'occuper des problèmes de l'arrondissement de Liège avec les autres communes, de monter au fédéral pour aborder la problématique des grandes villes", explique Luc Gochel.

Selon le journaliste local, ces nombreux rôles ont été assumés sans dépasser une rémunération équivalente à 150% d'indemnité parlementaire. Pour Luc Gochel, le bourgmestre de Liège a réalisé un bilan de ses différentes actions politiques, un bilan qui ne lui serait pas favorable. "Il est sans cesse vilipendé, insulté sur les réseaux sociaux, il est invectivé dans la rue. On le menace de mort aussi, parce que quand il décide de fermer une mosquée à Liège, il reçoit des menaces de mort, donc il est sous protection policière", explique Luc Gochel. Selon le journaliste, Willy Demeyer en est arrivé à la conclusion que "finalement, il se rend compte que, tout ça, est-ce que ça en valait la peine? Et que ce serait peut-être mieux de se recentrer sur sa ville de Liège, et de souhaiter bonne chance au suivant".


"C'est un peu le côté 'Je m'en vais avant qu'il y ait une catastrophe""

De son côté, la chroniqueuse Emmanuelle Praet ne comprend pas la démission de Willy Demeyer. "On l'a reçu plusieurs fois ici sur le plateau, et il semblait avoir une bonne ligne de conduite en disant qu'il était irréprochable. En démissionnant de deux mandats, on a l'impression qu'il y a une deuxième ou une troisième vague qui va arriver, qui se protège un peu. D'un point de vue com', c'est un peu le côté 'Je m'en vais avant qu'il y ait une catastrophe'", explique-t-elle.


"Il fait un repli stratégique pour se retrouver en meilleure position pour les élections communales"

Michel Henrion, expert en communication, estime que Willy Demeyer a fait preuve de clairvoyance. "C'est quelqu'un qui a un véritable instinct politique. Il fait un repli stratégique qui lui permet de se retrouver en meilleure position pour les élections communales d'octobre de 2018", analyse-t-il. "Et en même temps il envoie une balle assez embêtante dans le jardin d'autres socialistes puisqu'il apparaît comme celui qui décumule, même s'il ne s'agit que des mandats électifs, et pas des mandats comme chez Ethias, etc.", ajoute Michel Henrion.

La démission de Willy Demeyer de son poste à la fédération liégeoise reste cependant une surprise pour Michel Henrion, qui en conclut ce qui suit: "Il assume ses responsabilités, parce qu'on ne peut pas dire que la fédération liégeoise ait contrôlé le cumul des mandats, qui dépassaient parfois la norme".

Enfin, Alain Raviart confie avoir trouvé Willy Demeyer "assez abattu" lors de ses dernières venues dans l'émission. "Il avait même parfois du mal à rebondir sur les questions qu'on lui posait", explique le chroniqueur. Celui-ci avait d'ailleurs demandé au bourgmestre liégeois s'il avait une remise en question personnelle sur la gestion de la fédération socialiste liégeoise. "J'ai eu le sentiment qu'il y avait une remise en question sincère, même s'il avait l'air assez penaud", confie Alain Raviart. "Maintenant, je trouve qu'il a été très habile dans cette démission, parce qu'il a lancé sa campagne électorale pour Liège", conclut-il.


 

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