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Essai BMW X5 M: elle arrache la route

Essai BMW X5 M: elle arrache la route
 
 

Quand les constructeurs se lancent dans des voitures hors-normes on adore. La X5 M en est une : gros SUV, dopé au-delà du raisonnable. A ne pas mettre dans toutes les mains, mais ça arrache.

Aucun doute n’est permis, quand vous vous retrouvez face à la X5 M, elle vous montre très très clairement qu’elle n’est pas là pour amuser la galerie. Gros capot qui arrive à hauteur de la taille, calandre imposante, large bouclier avec aérations multiples qui descend quasiment jusqu’au sol, ailes élargies, pneus larges de 20 pouces, appendices aérodynamiques que l’on retrouve aussi à l’arrière et agrémentés de 4 sorties d’échappement, c’est pas du tuning mais presque et l’effet est assuré : non ce n’est pas une gentille voiture. La fiche technique le confirme. Moteur 4,4 litres essence, 8 cylindres Twin Power, 575 cv – soit 20 de plus que la précédente version (nous sommes à la 3e) -, 750 NM de couple, et 258gr de CO2, de 0 à 100 en 4,2 secondes pour une masse de 2100 kg, le macadam va chauffer.


A couper le souffle

Face à un tel monstre, l’humilité est de mise. On commence donc l’essai relax, accélérations, freinage, parcours sinueux, ça passe. Une fois la prise en main effectuée, je pousse un peu plus fort. La motricité est parfaite, la transmission X-Drive fait le boulot, les 4 roues mordent la route, qu’elle soit sèche ou mouillée. Même topo en virages, la X5 M s’inscrit bien, négocie la courbe sans trop faire ressentir son poids, pas de roulis, c’est du BM donc efficace. Le moteur se fait bien entendre au fur et à mesure qu’il prend des tours, la sonorité est moins glamour que celle d’un V8, mais engage tout de même à insister et les 8 vitesses actionnées par les palettes au volant s’enchaînent sans temps morts. C’est arrogant, rageur, puissant, politiquement incorrect, mais envoûtant. Le plaisir est au rendez-vous. Où elle ne rassure pas c’est sur le freinage, l’instabilité se fait sentir et incite à la modération. Constat identique en virages serrés, la physique a ses limites et on s’en rend vite compte. Tout cela pour dire que cette voiture exceptionnelle demande un peu de sagesse. Parfaite sur autoroute ou sur route, où selon le mode adopté, confort, normal, sport ou sport+ qui débranche les aides à la conduite, elle offre des performances à couper le souffle. Vous dominez la route, vous en êtes le roi, et partant du principe qu’il n’est pas toujours nécessaire de rouler comme un « allumé », la maîtrise, la performance, le comportement sont exceptionnels.


A aborder avec humilité

Finalement seul le poids s’avère pénalisant lorsqu’il s’agit de taquiner les limites. Dernière remarque, on s’éloigne ici du concept de base, bien que haute sur pattes la X5 n’a aucune aptitude au franchissement.

Chapitre consommation cette BMW n’est bien entendu pas une reine de la sobriété, 13 litres en moyenne, 20 si vous adoptez un mode illégal, bon ce n’est pas une voiture destinée aux économy run, le propriétaire ne devrait donc pas trop s’en inquiéter vu qu’à partir de 120.000€ on en est plus à cela près. Il n’empêche, 13 litres à ce niveau de puissance, c’est remarquable.

Bilan, excellente voiture, bien finie, moyennement confortable il faut bien le reconnaître, mais à conduire avec raison.


L’avis de Colombe : et les femmes qu’en pensent-elles ?

Que ce soit clair, si certaines femmes préfèrent des petites voitures par facilité ou par raison, beaucoup apprécient aussi les grandes voitures notamment quand elles sont dynamiques, qu’elles offrent une position de conduite haute, de l’espace et du confort. Cette BMW pourrait donc nous plaire, mais pas dans cette configuration ultra-sportive, qui est aussi ultra-masculine. Passons donc sur le nombre de chevaux pour nous intéresser à l’essentiel. La finition est parfaite. L’espace est géant, le coffre bien pratique avec cette ouverture en 2 parties, le hayon et la ridelle, et bien profond. Aucun souci pour trouver une position de conduite confortable et les commandes sont assez intuitives. Même constat pour ce qui est de la connectivité, que ce soit le téléphone, l’ordinateur de bord ou le GPS qui vous renseigne aussi sur les embouteillages, tout fonctionne à merveille et participe grandement au bien-être à bord. Reste le confort qui est plutôt dur dans cette version « M » et la visibilité vers l’avant, les limites du capot demandent un peu d’habitude pour être parfaitement cernées. Attention aussi aux jupes pour monter à bord, c’est haut. Mais pour ce qui est de la conduite c’est un régal, cette BMW maitrise la route, les aides à la conduite permettent d’aborder les conditions difficiles en toute sérénité, l’électronique gère. Le transport d’enfants, même très grands ados, ne pose aucun problème. Reste le regard des autres, la voiture est un peu arrogante surtout dans cette configuration sport, il faut pouvoir l’assumer. Je dirais donc La X5, oui, en version M, pas pour les femmes.


 

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