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Avec sa GTE, VW veut prouver qu'une hybride peut aussi être "une voiture sympa": cette Golf de 204ch y arrive-t-elle?

Avec sa GTE, VW veut prouver qu'une hybride peut aussi être
 

La Golf est sans conteste le véhicule phare de Volkswagen, les chiffres en attestent: le modèle s'est écoulé à 16.683 unités en 2016, soit le plus vendu en Belgique cette année-là. Et plutôt que de se reposer sur ses lauriers, la marque a continué d'étoffer sa gamme, et notamment vers le marché de l'hybride et du gaz naturel. Pour l'instant, ces gammes alternatives ne représentent qu'environ 5% des ventes de Golf. On est loin des bestsellers du modèle, à savoir les 1.0L TSI 110 cv et les 1.6L TDI 115cv. Mais les habitudes de consommation changent malgré tout: en 2017, le constructeur a noté un basculement complet de ses ventes vers les versions à essence (environ 70% selon la marque), alors que les véhicules diesel étaient les plus prisés jusqu'à il y a peu.

La Golf GTE a été présentée au salon de Genève en mars 2014 pour chasser sur les terres de l'hybride. Aujourd'hui, à l'heure du restylage, cette version poursuit son chemin. "Nous visons surtout les entreprises et leurs flottes de véhicules de société, car elles peuvent plus facilement se lancer dans les nouvelles technologies propres", nous indique Jean-Marc Ponteville, porte-parole de Volkswagen D'Ieteren. "Ensuite, nous ciblons les particuliers dont l'usage de la voiture correspond le plus à la GTE, c'est-à-dire des clients qui se déplacent beaucoup en ville, ou des navetteurs qui se trouvent à 30 ou 40 kilomètres de leur lieu de travail", ajoute-t-il. "Le tout, en essayant de montrer qu'une hybride peut aussi être une voiture sympa", confie le responsable.

Nous avons pris en main cette mouture (très légèrement) redessinée. La consommation moyenne annoncée est de 1,5l/100 km pour 35g de CO2/km. En conduite purement électrique, la GTE dit pouvoir parcourir 50 km. Et à côté de ça, Volkswagen nous dit que c'est quand même une voiture "sympa à conduire". Alors, possible?


La prise en main

Prendre en main une Golf GTE est une expérience qui débute par la vue. Sa robe blanche immaculée respire l'innocence et la candeur. Mais son regard et ses boucliers révèlent déjà la soif de virages. Par rapport à la version 2014, le liseré bleu est toujours présent sur la calandre, et il s'intègre plus harmonieusement dans les phares. Ceux-ci sont dotés de LED double optique, conférant un style plus anguleux et agressif. Les prises d'air situées aux côtés des feux de jours en forme de "C" sont plus imposantes. À l'arrière, optiques et pare-chocs sont légèrement retravaillés. Comme sur la version 2014, la double sortie d'échappement est placée à gauche, et non de chaque côté comme sur une GTI.



À la vue, ajoutons maintenant le toucher. Le volant à méplat (certains l'auraient préféré rond, mais c'est un autre débat), est fin et très agréable. Un énorme écran tactile de 9,2 pouces affichant 1.280 × 640 pixels trône sur la console centrale, orientée vers le conducteur. Il s'agit ici de la version "Discover pro". Les Golf plus accessibles peuvent être équipées d'écrans 6,5 pouces ou 8 pouces. Mais cet écran tactile satisfait-il vraiment nos sens? Pas sûr, car il faut systématiquement baisser le regard pour savoir sur quoi on va appuyer, alors que de bons vieux boutons ou une molette centrale permettraient de le faire sans quitter la route du regard.

Un autre grand écran se cache derrière le volant. Il est capable d'afficher de nombreuses informations: musique, carte, consommations... un équipement qu'on retrouve habituellement chez les modèles premium. 


Dans l'habitacle, le tableau de bord est sobre mais élégant. À défaut d'originalité, vous êtes sûr de ne pas vous en lasser: il ne sera jamais démodé. Les sièges, enveloppants et confortables, arborent un tissu à carreaux aux rayures bleues, un petit clin d'œil au style écossais de la mythique Golf GTI.

Globalement, les matériaux utilisés respirent la qualité… même s'il y a quelques fausses notes. Des commandes de climatisation un peu trop "plastiques", des revêtements de porte en tissus semblables à ceux d'une voiture de gamme inférieure, ou encore ce morceau de tôle blanche qui s'incruste dans l'habitacle au niveau du montant B de la portière:
 


Trois modes de conduite: E-mode, hybride, GTE

La découverte de cette Volkswagen se poursuit avec nos oreilles. La portière se claque dans un bruit tout germanique, la clé se tourne, le pied appuie et… rien. Nous avons beau tendre l'oreille, ouvrir la vitre, se tourner vers la banquette arrière, le silence règne alors que la machine se met en marche. C'est qu'en "E-Mode", le mode d'entraînement exclusivement électrique, la batterie lithium-ion à haute tension de 8,8 kWh est capable de vous propulser (ou plutôt vous tracter) jusqu'à 130 km/h. Le constructeur annonce 50 km possibles en full électrique, mais franchement, vous dépasserez difficilement les 40 km dans ce mode, même en conduite sobre.

Si vos oreilles ne s'habituent pas au silence, et si vos doigts s'impatientent de manier le volant à méplat, appuyez plus franchement sur l'accélérateur et quittez l'E-mode pour le mode hybride. D'un coup, le doux récital du 1.4 TSI de 150 ch se met en marche. Associé au moteur électrique de 75 kW, il porte la puissance totale à 204 ch. Ici, le bloc électrique accompagne le moteur thermique dans les moments les plus énergivores, et passe complètement le relais au bloc essence à vitesse stabilisée. La conduite est agile, étonnement confortable, les 120 kg de la batterie ne se font pas remarquer, et la consommation peut facilement être maintenue sous les 6 litres/100 km.

Vous en voulez plus? Une simple pression sur le bouton "GTE" vous montrera l'autre caractère de cette Golf. La GT adopte alors un style beaucoup plus Injection qu'Electrique. La suspension est plus ferme, la direction plus dure, le son du moteur légèrement plus présent, et la boîte à triple embrayage DSG 7 adapte ses changements de vitesse.


Satisfaire (presque) tous les besoins

La motorisation de ce modèle restylé n'affiche rien de nouveau par rapport à la version 2014. Pourtant, sa capacité à satisfaire tous les appétits reste impressionnante. Vous êtes un citadin à la recherche d'une voiture branchée qui ne consomme pas grand-chose en ville, voire rien du tout? Vous l'avez. Vous cherchez une voiture à la consommation maîtrisée, mais capable de vous donner quelques sensations? Vous avez ici une petite berline dynamique avec 350 Nm de couple qui plie le 0 à 100 km/h en 7,6 s, tout en affichant une consommation (réelle et testée) contenue sous les 7 litres (conduite franche mais pas extrême).

Les conducteurs à la recherche d'une expérience de pilotage plus radicale seront cependant déçus. Le comportement est très stable. La voiture reste collée à la route. Le châssis est plus ferme qu'une Golf traditionnelle. Il est très difficile de la prendre à défaut… et du coup il manque ce petit grain de folie recherché par certains. S'il est possible de se faire plaisir, il s'agira toujours d'un plaisir maîtrisé. Mais on reste ici dans la philosophie habituelle des Golf GTI: donner quelques sensations, sans frayeur, au plus grand nombre.


Une consommation en baisse, un coût d'entretien inchangé selon la marque

Sauf que le plus grand nombre ne pourra pas s'offrir ce véhicule. Car il faut maintenant réveiller un sens parfois douloureux: celui du portefeuille. La technologie hybride de cette Golf GTE vous permettra de contenir votre consommation. Il vous suffira de recharger les batteries via la prise située derrière l'emblème "VW" de la calandre: en 4 heures avec une prise normale, en 2 heures avec le dispositif Wall Box. Vous pourrez aisément réaliser vos petits trajets quotidiens en full électrique, et donc économiser beaucoup d'essence. En conduite plus franche et dynamique, vous parviendrez à maintenir une consommation de 7 ou 8 litres aux 100 km. En revanche, si vous maintenez toujours le mode GTE enclenché, la conso grimpera au-dessus des 10 litres. La consommation annoncée de 1,5l/100 reste donc utopique, mais pour un véhicule qui propose jusqu'à 204 chevaux... la consommation est franchement très correcte.

Pour ce qui est des entretiens, le porte-parole de Volkswagen nous assure que les batteries ne feront pas gonfler la facture. "Évidemment, introduire une nouvelle technologie engendre des coûts au sein de nos garages. Les voitures hybrides et électriques sont prises en charge par des garagistes formés qui utilisent des outils adaptés. Mais cela ne se répercute pas sur le client final", confie Jean-Marc Ponteville. Concernant la durée de vie des batteries, le représentant affirme qu'elle équivaut à la durée de vie du véhicule. "Après 10 ans, les batteries devraient encore avoir 80% d'efficacité", précise le porte-parole.


Un prix proche d'une Golf R

Mais pour profiter de cette hybride dynamique, il faudra vous alléger d'au moins 40.000 euros, soit le prix d'une Audi e-Tron (plug-in hybride), qui offre exactement le même moteur et les mêmes performances, mais dont l'image premium est plus affirmée. Vous n'aurez cependant pas le brin d'émotion qui accompagne cette GTE.

Notez que cette plug-in hybride est l'une des Golf les plus chères quand on la compare aux autres versions:
- Golf 1.0L TSI 85ch: 21.960€.
- Golf GTI 230ch: 31.800€.
- Golf GTD 184ch: 34.140€.
- Golf GTE 204ch: 40.060€.
- Golf R 300ch: 42.480€.
- e-Golf 136ch: 39.010€.

Pour info, notre modèle d'essai comptait 7.000 euros d'options, dont voici les plus utiles:
- Peinture extérieure Oryx White Nacré (1.022 euros).
- Jantes Rio de Janeiro 17" (274 euros).
- Airco climatronic, module clairage et visibilité, park pilot (610 euros).
- Phares LED (380 euros).

Au final, on grimpe donc à plus de 46.000 euros. Soit environ le prix de:
- BMW i3 (full électrique de 200 à 330 km d'autonomie).
- BMW 330e (hybride de 252 ch cumulés, 40 km d'autonomie en électrique).
- Mercedes classe A 250 Sport 4MATIC (218 ch).

Pas sûr cependant que la concurrence mélange aussi bien raison et émotion que la GTE. Cette version de la Golf s'impose comme référence en matière de polyvalence. Car avec la GTE, l'hybride offre aussi du plaisir.

@David Fourmanois

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