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Le moment magique où un renard est relâché en forêt à Bruxelles après avoir été soigné (vidéo)

Le moment magique où un renard est relâché en forêt à Bruxelles après avoir été soigné
 

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Nous avons assisté au relâchement d'un animal sauvage dans son milieu naturel. Une renarde, retrouvée blessée en région bruxelloise, a été transportée en Forêt de Soignes pour une nouvelle vie. Une seconde chance qu'elle n'a pas tardé à saisir, une fois libérée.

C’est le premier animal recueilli en 2016 par le centre de revalidation de Bruxelles: une renarde, qui a été amenée là par les pompiers après avoir été délogée d’un jardin de Schaerbeek. Elle était coincée et présentait des petites égratignures sur les coussinets car elle avait lutté pour tenter de s’échapper. Rien de bien grave, mais elle a tout de même été gardée en observation une petite semaine dans les locaux de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO), à Anderlecht. Contrairement à ce qu’indique son nom, ce centre ne s’occupe pas exclusivement des volatiles, mais prend également en charge la faune sauvage en difficulté ainsi que les NAC, les "nouveaux animaux de compagnie".




C’est Nadège Pineau qui s’est occupée de la renarde. Cette dernière n’a pas reçu de petit nom pendant son séjour. "On ne donne pas de nom aux animaux chez nous parce qu’on essaye d’éviter de les humaniser. Ce sont des animaux sauvages qui doivent se détacher de l’homme, c’est important". La soigneuse s’est donc assurée que la petite femelle se nourrissait correctement et qu’elle ne présentait pas de maladies, et a fait en sorte de la réintroduire dès que possible dans son milieu naturel. Nous avons assisté à ce moment (voir la vidéo).


Aucun moyen de tracer l'animal

Avec Willy Van De Velde, garde forestier, nous nous sommes enfoncés au cœur de la Forêt de Soignes, où les promeneurs se font plus rares et où les chiens doivent être tenus en laisse. La renarde, qui a été transportée dans une boîte opaque pour plus de confort – l’espèce a tendance à devenir plutôt nocturne en milieu urbain et périurbain, cela lui permet d’être moins dérangée – a été lâchée sur le coup de 16h30, quand le soleil commence à se coucher. Sur place, quelques bénévoles sont venus assister à ce grand moment. "Vous n’avez pas de moyen de suivre son évolution maintenant ?", demande un jeune homme venu accompagner sa petite-amie qui suit une formation en soins animaliers. La réponse est non: pucer et tracer les renards réintroduits dans la nature serait beaucoup trop onéreux.


"Rien ne nous garantit qu’elle ne retournera pas vers la ville"

La renarde, retrouvée dans un environnement urbain, va devoir s’adapter dans la forêt. Nous avons demandé au garde forestier qui a mené l'opération s’il pensait qu’elle allait s’en sortir. Il nous a dit ne pas vouloir verser dans l'"angélisme": l’humain a ici atteint les limites de ce qu’il pouvait faire pour cet animal sauvage, il va désormais devoir "batailler" pour survivre: "Rien ne nous garantit qu’elle ne retournera pas vers la ville, parce qu’elle y sera vite, avec les déplacements qu’elle est capable de faire en une nuit, elle retrouvera sans doute la lisière, territoire connu, avec des habitations et une circulation automobile", explique-t-il (voir la vidéo).


2000 animaux recueillis chaque année au centre

Il n’est pas rare que le centre situé rue de Veeweyde recueille des renards blessés: il en arrive environ une quinzaine par an, sur un total de 2000 animaux secourus chaque année. En ce moment, c’est un peu calme, car nous sommes en période hivernale. "Une partie des animaux sauvages part en migration, une partie est en hibernation, comme le hérisson, et on est hors période de nidification, donc on trouve moins d’animaux que pendant l’été ou on a des jeunes tombés du nid ou attrapés par les prédateurs, ou des parents qui décèdent", explique la soigneuse du centre de revalidation. Elle travaille avec une trentaine de bénévoles, qui, nous glisse-t-on, ne sont jamais trop nombreux.



Il y a tout de même, actuellement, 25 pigeons, une quinzaine d’animaux domestiques comme des rongeurs, un faucon crécerelle ou l’une au l’autre buse. Il y a également deux cygnes, dont l’un ne volera plus jamais, son aile ayant été coupée, peut-être par un particulier qui voulait le garder à portée de vue.




Y a-t-il plus de renards en ville qu'avant?

Concernant les renards, le directeur de la Ligue Royale Belge de Protection des Oiseaux n’a pas l’impression qu’il en recueille plus en ce moment que par le passé. Si la population a augmenté ces dernières décennies, celle-ci est désormais plus ou moins stable depuis quelques années. "Peut-être qu’il y a plus de gens qui nourrissent les renards, donc c’est problématique. Les particuliers mettent une gamelle avec de la nourriture pour chien, pour que les renards viennent s’y nourrir. On a alors des renards qui ont moins peur de l’homme, qui sont en plus grande densité, comme cela dépend de leurs ressources", explique Corentin Rousseau de la LRBPO.


Que faire face à un renard?

Que faut-il faire dès lorsqu’on vit dans un quartier investi par les renards ? Comme l'explique Nadège Pineau, il faut bien se rappeler que, même s’il est mignon, il ne s’agit pas d’un animal domestique. Si vous croisez sa route, vous pouvez toujours l’observer de loin, il aura lui-même plutôt tendance à rester à distance (voir la vidéo). Si vous constatez qu’il est blessé, vous pouvez contacter les pompiers, qui disposent d’une équipe spécialisée dans la gestion des animaux, ou l’un des centres de revalidation de cette liste.



Reportage et images: Deborah Van Thournout


 

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