Elections 2009 - Région flamande ven 22 mai, 21:43
Quelques candidats et militants de la liste Union des Francophones ont tenté en vain d'apposer des affiches électorales en français à Halle, commune qui interdit la présence de telles affiches sur ses panneaux officiels. Ils ont été refoulés, non pas par la police locale qui avait délégué une poignée d'agents sur place, par moments dépassés par les événements, mais par plusieurs dizaines de militants nationalistes flamands dans un climat très tendu. Visionnez le reportage du JT de 19H.
Emmenés par le bourgmestre non-nommé de Linkebeek, Damien Thiéry, et par l'échevin de Rhode-Saint-Genèse, Eric Libert, ils ont tenté en vain de s'approcher des panneaux de la commune de Halle situés sur la Oudstrijdersplein (place des Anciens Combattants). Face à eux, se trouvait une septantaine de militants du TAK et du Vlaams Belang, bien décidés à ne pas les laisser s'approcher.
Décontaminer de la "Waalse griep"
Les deux agents communaux n'ont pas été en mesure d'empêcher que les nationalistes arrachent brutalement les affiches et le seau de colle que les candidats avaient emportés.
Devant la tension palpable, les manifestants francophones ont renoncé à leur projet au bout d'une vingtaine de minutes, arrosés à plusieurs reprises à l'aide d'un pulvérisateur par des hommes déguisés en infirmiers pour les décontaminer de la "Waalse griep" (grippe wallonne).
L'action a été suivie de près par un huissier de justice présent parmi les badauds. "Nous voulons simplement user de notre droit démocratique d'informer les électeurs de l'existence des candidats francophones à l'élection du parlement flamand. Tout cela ne va pas dans le sens de l'intérêt de la Belgique", a expliqué Damien Thiéry, en flamand, à Mark Demesmaeker, échevin N-VA de la Culture, du Tourisme et de la Politique flamande de la commune de Hal. Celui-ci se trouvait devant les militants nationalistes, sans prendre part aux agressions physiques de plusieurs d'entre eux.
Un extrémisme non représentatif de la population flamande dans son ensemble, selon Thiéry
Disant constater un extrémisme grandissant, Damien Thiéry a par ailleurs insisté sur le fait qu'il ne considérait pas l'attitude des manifestants nationalistes comme représentative de celle de la population flamande dans son ensemble. En Brabant flamand, plusieurs communes ont pris des mesures pour empêcher, ou limiter l'apparition d'affiches de candidats francophones aux élections du 7 juin prochain. A Hal, les autorités communales ont décidé de réserver l'affichage électoral aux seules listes néerlandophones, à Affligem, la commune surcolle les affiches francophones, alors que Machelen, Beersel et Kapelle-op-den-Bos ont décidé de n'installer aucun panneau d'affichage du tout.
Un recours devant le tribunal des référés et une plainte au pénal
Appuyant les candidats de l'Union des Francophones, dans leur démarche, le Front Démocratique des Francophones (FDF) a introduit il y a quelques jours un recours devant le tribunal des référés, contre le règlement de police de la commune de Hal qui interdit la présence d'affiches de candidats francophones sur les panneaux électoraux de la commune, selon le FDF, en opposition flagrante avec la Constitution et les conventions internationales signées par la Belgique. Une autre plainte au pénal sera déposée contre les membres des Collèges communaux incitant au refus de la diffusion de la propagande électorale de certains candidats, en l'occurrence francophones. Enfin, d'ici quelques jours, une plainte sera déposée par Christian Van Eycken et d'autres candidats de la liste Union des Francophones auprès de la Commission européenne.










Violent clash entre nationalistes flamands et colleurs d'affiches francophones