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Pina vit sur une route de campagne prise d'assaut par les automobilistes qui fuient les bouchons: "Les voitures roulent comme si elles étaient sur une autoroute"

 

Les routes secondaires et les villages sont de plus en plus pris d’assaut par des conducteurs qui cherchent à fuir les bouchons, les chantiers et à prendre des raccourcis. Beaucoup de routes communales ne sont pas faites pour absorber tant de trafic.

L’angoisse de rester calé dans un bouchon, l’envie d’avancer même en faisant un détour, ou simplement de suivre l’itinéraire suggéré par son GPS conduit à une plus grande fréquentation de voiries communales, pour le plus grand malheur des habitants. Pina Bruno, une habitante de Silly, raconte les conséquences du trafic intense qu’elle subit depuis plusieurs années. "On avait choisi une maison à la campagne pour avoir un peu plus de tranquillité, il y a une route communale qui passe devant la maison, et qui relie deux villages. Comme cette route est de bonne qualité, il y a un trafic qui est important puisque c’est un fameux raccourci pour arriver à l’E429, et les voitures roulent comme si elles étaient sur une autoroute. Il n’y a aucune limitation de vitesse et on est toujours dans le stress de se dire, est-ce qu’on va pouvoir sortir du parking sans se faire happer par une voiture. Mon mari doit faire le gendarme quand on a des invités qui viennent à la maison, et j’ai déjà eu malheureusement cinq chats qui sont passés au mauvais moment au mauvais endroit".


"Dès qu'il y a une difficulté, le trafic fuit vers Waterloo"

Par ailleurs, l’usure du revêtement peut coûter cher aux communes. Waterloo, au sud de Bruxelles, est une porte d’entrée importante vers la capitale. "Beaucoup d’automobilistes de communes avoisinantes arrivent à Waterloo pour venir chercher le Ring et continuer vers Bruxelles", explique Cédric Tumelaire, échevin de la Mobilité. Le Ring étant saturé, l’alternative, c’est la Nationale 5, qui bouchonne elle aussi le matin. "Dès qu’il y a une difficulté, même en pleine journée, que ce soit un accident, des travaux sur le Ring, le trafic fuit vers Waterloo, et là en plus, c’est la surprise, la police doit intervenir en urgence, parce que ce n’est pas prévu".


"Cela a aussi des conséquences sur l’entretien des voiries"

Rixensart n’est pas mieux loti: "Tous les matins, la E411 est bouchée, donc un grand nombre de voitures et de camions sortent à la sortie Rixensart-Rosières", explique Bernard Remue, échevin de la Mobilité. Conséquence : Rixensart est saturé le matin, et ce n’est pas tout. "Cela a aussi des conséquences sur l’entretien des voiries. C’est vrai que les camions qui passent pas chez nous détériorent nos voiries, et c’est à notre budget communal qu’incombe la réparation de ces voiries".


L'effet vicieux des routes alternatives

 

Les routes alternatives ne sont pas une solution valable, selon Xavier Tackoen administrateur délégué du bureau d’études "espaces-mobilités": "Les itinéraires alternatifs, la plupart du temps, ils vont passer par des quartiers résidentiels, ils vont passer près des écoles, et vont avoir un effet très vicieux : plus vous avez du trafic dans une agglomération, plus les gens vont utiliser la voiture, parce que ça crée un sentiment d’insécurité routière, on ne laisse plus les enfants marcher ou aller à l’école à vélo, et donc c’est le serpent qui se mord la queue"

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