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L’hypnose de spectacle présente-t-elle des risques? "Il y a un danger et il peut y avoir des séquelles" (vidéo)

 

Ce mercredi, le spectacle de l’hypnotiseur québécois Messmer a été annulé sur base d’une injonction du procureur du Roi de Mons fondée sur la loi du 30 mai 1892 sur l’interdiction de l’hypnotisme en spectacle.

L’Espace Magnum de Colfontaine ne comprend pas, d’autant plus que Messmer s’est déjà produit l’année dernière dans cette même salle et que les autres procureurs du Roi n’ont manifestement pas l’intention d’interdire les spectacles à venir à Bruxelles, Liège et Marche-en-Famenne.

L’hypnose est aussi une discipline médicale de plus en plus utilisée et reconnue pour ses succès dans le soulagement de nombreux maux physiques comme psychologiques.

Messmer et les hypnotiseurs sont-ils des "charlatans", comme certains l’affirment? Quels sont les risques de la pratique de l’hypnose de spectacle? Pourquoi un spectacle est-il annulé et pourquoi les autres ne le sont pas? L'émission "C'est pas tous les jours dimanche" a abordé ces questions. 

Présent sur le plateau, le procureur du Roi de Mons, Christian Henry, a tout d'abord rappelé pourquoi il avait conseillé de ne pas maintenir le spectacle de Messmer à Colfontaine. 

"J’ai simplement écrit au bourgmestre pour lui indiquer qu’en autorisant ce type de spectacle, il autorisait une infraction. Je l’en ai informé car, depuis la loi de 1892, l’hypnose donnée en spectacle est constitutive d’une infraction", indique-t-il. "J’ai aussi dit de faire attention car certaines personnes du monde médical ne sont pas d’accord avec ce type d’hypnose autoritaire. Le bourgmestre aurait donc dû répondre de cette infraction s’il maintenait le spectacle et j’ai laissé entendre qu’il valait mieux ne pas maintenir le spectacle."


"Des séquelles psychologiques"

Médecin spécialiste en hypnose, Eric Mairlot s'est montré clairement "contre ce genre de spectacle" pour plusieurs raisons. "Il y a un danger à être un cobaye sur la scène. Quand Messmer fait imaginer à quelqu’un qu’il prend du plaisir à rouler sur une moto à 100 km/h dans une ville, il prend du plaisir jusqu’au moment où Mesmer vous dit qu'il y a un mur devant vous et que vous vous écrasez". La personne vit alors une mort factice et vit un traumatisme, quelque chose de très choquant", explique-t-il. "Il peut y avoir des séquelles due à un syndrome post-traumatique et des séquelles psychologiques quand on se moque d’un "cobaye". Il y a des gens plus fragiles que d’autres. Messmer choisit les personnes les plus hypnotisables."


Emilie Dupuis: "J'étais guidée par ses propos"

Hypnotisée par Messmer dans le cadre d’une émission de François Pirette en 2012, Emilie Dupuis, co-présentatrice de Place Royale le samedi soir sur RTL, a témoigné dans "C'est pas tous les jours dimanche".

"J’avais un oignon sous les yeux mais pour moi, je mordais dans une pomme et je n’ai eu aucune difficulté. Aujourd’hui, vous me donnez un oignon et vous me dites de mordre dedans, ça serait impossible. Mon cerveau était guidé par ses propos", raconte-t-elle. "A aucun moment, je ne me suis sentie en danger donc au final, j’étais en totale confiance. Je n’ai pas eu d’effets secondaires mais le lendemain matin, quand ma maman est entrée dans ma chambre, l’odeur de l’oignon était tellement forte qu’elle s’en souviendra toute sa vie."

Eric Mairlot estime ici que "c’était une expérience hypnotique très intéressante qui montre qu’on peut très bien grâce à la puissance de son cerveau modifier des perceptions. On l’utilise dans le traitement de la douleur en thérapie avec beaucoup de succès. Les phénomènes hypnotiques sont très puissants et on peut bien ou mal les utiliser. Des hypnotiseurs peuvent mal utiliser ces techniques et je comprends la décision du procureur de Mons d'avoir conseillé l'annulation du spectacle prévu à Colfontaine", a-t-il souligné. 

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