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Bénévole, Gianni accompagne une fille et son frère pour rendre visite à leur père incarcéré: "Si l'enfant le désire, il peut finir par parler"

 

À l'occasion des journées nationales de la prison, qui se tiennent jusqu'au 28 novembre, nos journalistes Julien Crête et François-Xavier Van Leeuw se sont intéressés au cas des enfants dont les parents sont incarcérés. Ils sont plus de 12.000 à vivre cette situation. Pour faciliter les visites, des bénévoles les accompagnent.

Le monde carcéral est un univers que Gianni a appris à connaître. Un univers dans lequel il se plonge plusieurs fois par mois depuis qu'il est bénévole pour la Croix-Rouge. Il accompagne une jeune fille de 9 ans et de son frère lorsqu'ils rendent visite à leur père à la prison de Mons. "On accompagne les enfants depuis leur domicile, ou bien depuis un lieu-dit, jusqu'au lieu d'incarcération du parent, ensuite c'est le chemin inverse après la visite", explique Gianni Arents.

Certains sont gênés et se sentent fautifs, d'autres sont très à l'aise

Chaque année, environ 12.000 enfants seraient touchés par l'incarcération d'un parent. Une situation délicate qui se traduit par des ruptures de contact dans un cas sur deux. Grâce à ces accompagnateurs, le lien est maintenu… mais au prix d'un questionnement important. "Nous rencontrons des jeunes, des enfants, c'est-à-dire qui sont extrêmement gênés. Quelque part, ils se sentent presque fautifs de la situation. Et il y a une seconde catégorie d'enfants, qui eux sont tout à fait à l'aise avec le fait qu'un parent soit incarcéré", confie Gianni.

Petit à petit, si l'enfant le désire, il peut finir par parler

Dans un cas sur trois, les enfants visiteurs sont accompagnés par des bénévoles de la Croix-Rouge. En cause: des situations familiales compliquées et, parfois, deux parents incarcérés en même temps. Inévitablement, les situations peuvent créer des liens avec l'accompagnateur. "On parle de l'école, on parle des amis et des copains, et il y a cette relation et ce dialogue qui se créent. Petit à petit, si l'enfant le désire, il peut finir par parler des problèmes", indique Gianni.


La Croix-Rouge cherche des volontaires

Pour l'instant, la Croix-Rouge recherche des bénévoles en Hainaut et à Liège pour assurer son projet Itinérance. L'accompagnement se fait toujours grâce à deux membres, à qui des formations sont proposées. "Parfois, les enfants essaient d'expliquer au volontaire ce qu'ils vivent au quotidien. Le rôle du volontaire, c'est d'écouter et de comprendre", précise Antoine Taty, coordinateur du projet Itinérance pour le Hainaut.

Plus de 1.500 visites sont organisées par la Croix-Rouge chaque année, de quoi encadrer plus de 250 enfants.

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