Magazines de la rédaction - RTL Plus jeu 11 fév, 14:48
Jeudi midi, l'émission RTL+ était consacrée à la qualité de l’enseignement. Pour répondre à vos questions, Benoît Duthoo a reçu sur le plateau Jean Hindriks, professeur d’économie à l’UCL et à la KUL, chercheur au CORE, et Senior Fellow de l’Itinera Institute. Alain Maingain, conseiller de la Ministre de l'enseignement en Communauté française était également présent. Après le débat télévisé, ces deux spécialistes ont fait un détour par les bureaux de RTLinfo.be pour chatter avec les internautes.LE CHAT
Valérie : il faudrait que les écoles apprennent aux enfant une 2eme langues beaucoup plutôt! Qu'en pensez-vous ?
Alain Maingain : A Valérie Effectivement connaître une langue c'est fondamental sur le plan de l'accès à l'emploi et sur le plan de la rencontre de l'autre. La Communauté française et la Région wallonne développent de nombreux incitants à l'apprentissage des langues. Il y a néanmoins une priorité absolue : bien maitriser la langue des apprentissages.
Carine : après un essai en école communale et j’ai vite réintégré mes enfant en institut catholique ,la différence est grande aussi bien dans l'apprentissage que dans l'éducation ,le respect, les consignes .Maintenant dans le secondaire mon ainé est dans un établissement qui organise des remediations et examen après noël ce qui en mon sens est une excellente idée pour que l'élève en échec en milieu d'année puisse remonter son niveau avant un échec irrémédiable en fin d'année comme beaucoup d'école (institut catholique aussi bien évidemment)
Jean Hindriks : @Carine mon étude (Regards économiques) identifie un effet du réseau, avec une performance moyenne des élèves meilleure dans le réseau libre. Ce que nous montrons c'est que cela est en partie attribuable à une composition sociale plus favorable dans le réseau libre (60% des élèves) mais aussi à un degré d'autonomie plus grand des directeurs et enseignants sur les méthodes pédagogiques notamment.
Guest : Il y a également un point dont on ne tient pas compte c'est que de notre temps on se battait pour avoir les meilleurs résultats mais à l'heure actuelle le comportement de nos enfants est tel qu'ils se contentent d'avoir la moyenne et ne se foulent pas plus et contre cela (la fainéantise) on ne peut rien .Les parents doivent obligatoirement rester derrière eux les stimuler à obtenir plus que la moyenne .Contre ces principes ,l'enfant qui obtient sa moyenne passe son année mais avec un manque d'acquisition de la matière ce qui l'amène à un blocage et un échec si pas l'année qui suit les autres ! Un résultat de 50% veut bien dire que l'élève n'a pas assimilé les 50 autre pourcent non???Donc l'échec futur est en ligne de mire
Jean Hindriks : @Guest je partage votre avis que la motivation des élèves est crucial et que les parents ont une responsabilité importante à cet égards. Savoir demander à ses enfants de se surpasser, promouvoir la qualité du travail et la recherche de l'excellence sont des caractéristiques de l'enseignement flamand. On pourrait utilement s'en inspirer. Il est certain qu'au final les mauvais résultats de nos élèves sont la responsabilité partagée des parents et enseignants. Donc pas question de stigmatiser les profs.
Jordan : certains cours et professeurs ne sont plus en phase avec aujourd'hui, leur cours sont bâclés (expérience personnelle en secondaire)?
Alain Maingain : A Jordan Vous signalez une priorité. Mais n'oublions pas qu'à Bruxelles il y a plus de 100 nationalités représentées. En Belgique, il y a un million de personnes d'origine étrangère. Il faut donc accepter que les enfants issus de ces familles souvent allophones avancent à leur rythme. Ils doivent être intégrés dans le système. Des professeurs sont effectivement usés, démotivés. Le gouvernement pense mettre en place des formules d'aménagement de fin de carrière. Cela suppose une embellie budgétaire.
Alain : Dans l'école ou ma fille va, une école catholique, il y a trois quarte du temps pas de prof. Depuis deux ans elle n'a plus cour de math. Comment veut-on que les enfants apprennent encore qq chose ??
Alain Maingain : A Alain Il y a pénurie totale d'enseignants en mathématiques, sciences, langues. Cela atteste la pénibilité du métier. Un jeune enseignant sur cinq le quitte avant la cinquième année de pratique professionnelle. Voilà pourquoi je parlais de ne pas brandir continuellement le carton rouge à l'égard des enseignants. Le manque d e reconnaissance sociale est un facteur non négligeable de la désertion du métier.
Guest : Je suis sorti de l'enseignement secondaire en 2003. Après avoir doublé plusieurs fois. Si mon état d'esprit était bon, je me suis rendu compte de la lente dégradation de l'état d'esprit des élèves qui se trouvaient en classe avec moi. Drogue omniprésente, je m'en foutisme clair vis à vis des enseignant, chahut délibérés, etc... Le problème n'est pas l'enseignement, mais les jeunes qui le fréquentent. Il faut donner les moyens à l'enseignant d'être respecté dans sa classe
Jean Hindriks : @ Guest l'autorité de l'enseignant est indispensable face à une génération contestataire. On pourrait penser que la féminisation de la profession ne facilite pas les choses, mais ce phénomène est général à tous les pays. Donc la question est pourquoi il y a un problème chez nous. Je crois qu'une explication est dans le respect du prof qui se base sur son autorité et sa compétence non contestées. Si des parents contestent les profs devant les enfants, c'est foutu. Et cela arrive assez souvent, parfois à raison si on sait que 1/3 n'a pas les compétences requises pour ce métier.
Oleee : Bien que n'ayant que peu de connaissance dans la manière dont les cours sont donnés du côté francophone mais ce que j'ai pu constater, c'est que les cours sont trop axé sur le par cœur, exemple, un élève de 6 ans peut déjà lire un texte, waouh super, poser lui des questions ou se trouve les mots, il n'en sait il connait le texte par cœur un point c'est tout. Je ne comprends pas l'intérêt dans l'apprentissage d'un texte ainsi. Il faut d'abord le décortique apprendre les mots,... Du côté flamand, ils ont du coup comme un retard et ce jusqu'à la deuxième primaire mais, l'apprentissage est plus technique et une fois qu'il ont compris comment lire, alors c'est parti, même chose pour les maths , les tables sont vue dans un premier temps un peu par cœur mais par la suite à l'aide de fiche, ils mélangent +,-,/,*,, et cela oblige l'enfant à réellement comprendre comment cela fonctionne sans peut-être répéter un peu bêtement les tables de multiplication. Donc pour les deux premières années de cours je peux déjà constater de grande différence dans la manière de donner cours. Je viens moi-même d'un enseignement francophone et je peux constater que les différences sont grandes.
Alain Maingain : A Olee En Communauté française, l'enseignement est désormais centré sur le développement de compétences globales que l'on développe dans des mises en situation. Par exemple, il est plus important désormais de comprendre globalement un texte pour en retirer les bonnes informations afin de réaliser un projet que de le décortiquer pour le reproduire ensuite. Mais les enseignants ne sont pas encore très à l'aise dans cette méthodologie. De toute façon, il n'y a pas de compétence sans des connaissances bien structurées.
Damien : De toutes manières, un des plus gros problèmes est le fait que les élèves ne travaillent plus. On pourra faire ce qu'on veut, sans un minimum de travail, cela n'ira pas.
Jean Hindriks : à Damien en effet la réussite passe par le travail, le travail et encore le travail. C'est une responsabilité des parents et pas seulement des profs de faire comprendre cela à leurs enfants. Trop de complaisance souvent dans des familles divisées ou recomposées. Internet et autres distractions envahissent l'espace au détriment de l'apprentissage du travail. La facilité l'emporte.
Sylvie : Bonjour j'ai 26 ans et je trouve que notre enseignement est lamentable au niveau des "programmes", des matières enseignées! Il me paraît bien plus qu'important (voir PRIMORDIAL!) de voir apparaître dans les horaires des cours de secourisme, d'anglais (ou 2ème langue suffisamment tôt et de façon ludique!), au moins un minimum d'explication OBJECTIVE au du système de fonctionnement politique du pays par exemple, de cuisine (de base!), des matières INTERESSANTES, NECESSAIRES pour la vie quotidienne de chacun! Au lieu de cela, nous avons par exemple en secondaire au niveau géographie: l'analyse du Japon en 5ème et l'année suivante la chine!!!! Inutile de dire que l'on en retient pas grand chose... Et que ce n'est pas suffisamment varié, intéressant! Il faut que les enfants et les jeunes se sentent CONCERNES par ce qu'ils apprennent... Il est GRAND TEMPS que tout ça CHANGE (ENORMEMENT!) ...
Jean Hindriks : à Sylvie je partage votre opinion, l'apprentissage doit passer par la curiosité. Pour cela il faut que l'élève se sente concerné par la matière. Un apprentissage plus inductif est donc souhaitable. Un apprentissage plus concret pour fait passer des concepts théoriques. C'est là que la qualité des profs est cruciale, car cela c'est de l'innovation pédagogique qui ne se trouve dans aucun programme scolaire.
Alfred : La qualité de l'enseignement n'a jamais été terrible. Les parents doivent suppléer à cette lacune et aider les enfants à comprendre et à apprendre. Si on ne comprend pas ça, on y arrivera jamais. Les professeurs sont "très limités" et les parents doivent prendre leurs responsabilités.
Alain Maingain : A Alfred Concernant la qualité de l'enseignement, il ne faut pas oublier que l'on a un enseignement supérieur d'excellent niveau. Il y a donc des élèves qui ont acquis les compétences nécessaires pour y accéder et le poursuivre avec succès. Mais il n'est pas normal que des parents doivent faire de la remédiation pour leurs propres enfants. Ils n'en ont pas toujours le temps ou la compétence. La remédiation, le soutien, le tutorat doivent se faire dans les murs de l'école, par des professionnels, pour tous les élèves fragilisés.













La qualité de l'enseignement: les réponses des spécialistes