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Les accusations de pots-de-vin se précisent autour d'Alain Mathot: 720.000€ en cash ou via des cartes bancaires, à Paris

 

Philippe Leroy, l'ancien directeur général d'Inova France qui accuse Alain Mathot d'avoir bénéficié d'importants pots-de-vin, a révélé mardi devant la 18e chambre du tribunal correctionnel de Liège quelques détails supplémentaires. Lors de son interrogatoire, il a affirmé également qu'il ne s'était pas personnellement enrichi.

Philippe Leroy réitère donc ses accusations de de pots-de-vin dans le cadre de la construction de l'incinérateur de déchets Uvelia à Herstal.

Lors de son interrogatoire devant le tribunal, cet homme âgé de 64 ans a expliqué qu'il lui avait été conseillé de se rapprocher de décideurs de la région liégeoise pour maintenir un équilibre de chances d'obtention du marché par rapport à un concurrent.

Le prévenu a indiqué qu'il avait fait la connaissance d'Alain Mathot lors d'une visite d'usine à Evreux. Alain Mathot lui aurait proposé un contrat officiel de lobbying avant de préférer un système occulte, sans facturation.Selon Philippe Leroy, un million d'euros devait bénéficier à une société de Léon-François Deferm, un industriel proche de la famille Mathot, et un million d'euros devait revenir à Alain Mathot en espèces.

720.000€ en cash...

Le prévenu a affirmé qu'il avait finalement remis 720.000 euros d'argent à Alain Mathot, en cash ou sous forme de cartes bancaires de retrait, lors de dix ou douze voyages à Paris.

Une perquisition aurait démontré que Philippe Leroy ne se serait pas personnellement enrichi par ce système. Mais cet élément est remis en cause par certains avocats. Celui de Léon-François Deferm a évoqué des retraits d'argent opérés à Paris à l'aide de cartes bancaires pour des montants élevés alors qu'Alain Mathot ne pouvait y être présent. Le prévenu a refusé de répondre à certaines questions soulevées par son contradicteur.

Par ailleurs, dans le cadre de son interrogatoire devant le tribunal, Philippe Leroy a révélé qu'il possède un document qui le couvre des conséquences financières d'un procès. Dans le cadre des commissions versées à des facilitateurs, sa direction avait donné son accord et avait rédigé une lettre de confort stipulant la prise en charge par Inova des conséquences pécuniaires d'une éventuelle condamnation.

Philippe Leroy a été licencié en septembre 2013 au lendemain de l'obtention d'un marché de 300 millions d'euros.

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