Belgique - Faits divers jeu 17 déc, 15:36
En 2005, les Sœurs Carmélites de Marche-en-Famenne décident de vendre leur couvent et d’en faire bâtir un nouveau avec une partie du produit de leur vente. Elles confient dès lors cette mission à Mario Ceinos, un entrepreneur et promoteur immobilier de la région. L’homme travaille remarquablement pour valoriser la bâtisse et le terrain des sœurs et parvient à vendre le tout pour 3 millions d’euros.
Un architecte estime ensuite le coût de la construction d’un nouveau couvent, à Sorinne dans la région de Dinant : 2 millions d’euros. Les sœurs marquent leur accord et M. Ceinos commence les travaux. Mais le coût final de l’opération s’élève à 3,2 millions d’euros, soit 200.000 euros de plus que leurs finances. Le bâtiment s’avère en outre totalement disproportionné par rapport à leurs besoins. En effet, le couvent est prévu pour accueillir 30 sœurs … alors qu’elles ne sont déjà plus que 3 à y habiter depuis un an.
L'entrepreneur réclame son argent devant la justice
Incapables de régler la facture dans sa totalité, les sœurs, ruinées, se voient maintenant assignées en justice par l’entrepreneur. Celui-ci explique les surcoûts : "Sur 2 ans, il se passe des choses ! Il y a eu une modification du plan suite à un refus, donc une modification du budget. Puis il a fallu racheter aussi un petit terrain pour en faire un parking."
Les sœurs sont aujourd’hui désemparées. Leurs fidèles en témoignent et certains accusent M. Ceinos à demi-mot. "Tout se passe comme si pour une part l’entrepreneur avait tout fait et les sœurs avaient suivi. Elles ont été dépassées, sans aucun doute", nous expliquait Gaëtan Bradfer. Pour leur avocat, Me Denis Heger, l’entrepreneur a abusé de leur naïveté : "Il ne les a pas conseillées comme un véritable ami. Il a utilisé l’argent qu’il avait au maximum des disponibilités qu’il connaissait, puisque c’est lui qui avait vendu l’immeuble. Il avait donc la connaissance de leur portefeuille. (…) Et je n’ai encore trouvé aucune trace qui leur disait : ‘attention mes sœurs, on a dépassé le budget’."
Les deux parties semblent avoir la volonté de parvenir à un accord à l’amiable. Mais malgré cela, les sœurs vont quitter ce nouveau couvent, qui restera de toute façon trop spacieux, les vocations n’étant plus assez nombreuses …













Les Sœurs Carmélites devant la justice