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Mehdi Nemmouche, transféré de Bruxelles, est arrivé à Paris pour être inculpé

Mehdi Nemmouche, transféré de Bruxelles, est arrivé à Paris pour être inculpé
 

Mehdi Nemmouche, auteur présumé de la tuerie du Musée juif à Bruxelles, est arrivé mercredi à Paris pour être inculpé, soupçonné d'avoir été l'un des geôliers des quatre journalistes français otages en Syrie en 2013-2014, a appris l'AFP de sources concordantes.

Le djihadiste français, transféré de Belgique en France, est arrivé au palais de justice de Paris peu avant 10H00 sous escorte des gendarmes pour être présenté à un juge antiterroriste, a précisé une source proche de l'enquête. "Il est parti ce matin et il revient ce soir", a pour sa part indiqué Eric Van der Sijpt, porte-parole du procureur fédéral belge.

"Il est peu probable que Mehdi Nemmouche s'exprime lors de cette première comparution car nous n'avons pas eu accès au dossier", a déclaré à l'AFP son avocat Francis Vuillemin. Didier François, Pierre Torrès, Edouard Elias et Nicolas Hénin, enlevés en Syrie en juin 2013 et libérés dix mois plus tard, l'avaient identifié peu après leur retour en France. Dans un tweet ce mercredi matin Nicolas Hénin a rappelé l'avoir formellement identifié: "je suis avec attention la procédure, ne souhaite pas faire de commentaires et renvoie à mes déclarations précédentes. Je l'ai formellement reconnu."

Né à Tourcoing et élevé à Roubaix, dans le nord de la France, Mehdi Nemmouche est détenu en Belgique où il est accusé d'avoir commis l'attentat au Musée juif de Bruxelles. Le 24 mai 2014, un homme avait ouvert le feu dans le hall d'entrée du Musée, tuant deux touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge. Mehdi Nemmouche, radicalisé en prison et passé par la Syrie, avait été arrêté six jours plus tard à la gare routière de Marseille dans le sud-est de la France. Quelques jours plus tard, Didier François, Pierre Torrès, Edouard Elias et Nicolas Hénin avaient été interrogés par les services de renseignement français et l'avaient identifié comme l'un de leurs geôliers.

En septembre 2014, le quotidien français Le Monde avait révélé la présence de Nemmouche auprès des quatre journalistes en Syrie. Certains d'entre eux s'étaient alors exprimés publiquement. Nicolas Hénin a raconté avoir été "maltraité" par Nemmouche, désigné comme "Abou Omar le cogneur", lorsqu'il était retenu notamment à l'hôpital ophtalmologique d'Alep, transformé en prison par le groupe djihadiste Etat islamique (EI). Il avait précisé avoir été, avec ses confrères, "en contact" avec le djihadiste "de juillet à décembre 2013". Dider François a, pour sa part, relaté que Nemmouche torturait des prisonniers syriens. "Il était malgré tout obligé de se comporter de manière plus maîtrisée avec les otages occidentaux", avait expliqué le journaliste, car "il avait des ordres".

Nemmouche avait été extradé vers la Belgique en juillet 2014. En novembre 2016, la justice belge avait donné son accord à sa remise temporaire aux autorités françaises pour qu'il soit mis en examen (inculpé) dans l'enquête sur les ex-otages français.

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