Magazines de la rédaction - Controverse lun 9 nov, 10:15
Le malaise des prisons était au coeur de l'émission "Controverse" ce dimanche midi sur RTL-TVi. Pascal Vrebos et ses invités ont tenté de trouver des solutions pour lutter contre ce phénomène. Louvain, Jamioulx, Andenne, Ittre, Forest, etc. Dans chaque prison belge, c’est le même combat. Chaque jour, on y enregistre au moins un acte de violence entre les détenus ou à l’égard des agents pénitentiaires. La surpopulation carcérale est pointée du doigt comme la principale cause de ce climat d’insécurité qui règne dans les prisons. Il y a trop de prisonniers et certains n’y ont pas leur place.
70% d’internés en plus
" 70% d’internés en plus. Donc, ce sont des gens qui sont malades mentaux et que l’on place dans les prisons. C’est le vrai scandale de la justice belge", a martelé Delphine Paci, présidente de l’observatoire international des prisons. Faute de places en institutions psychiatriques et à cause de la lenteur de la justice et des expertises, ceux-ci se retrouvent dès lors en prison.
A ce phénomène problématique s’ajoute également la diminution des libérations conditionnelles. "D’abord, les libérations conditionnelles sont quand même un peu moins nombreuses qu’avant et surtout elles interviennent très tard", a révélé Eric Delchevallerie, le directeur de la prison d'Andenne.
Augmentation des détentions préventives
Par ailleurs, on observe également une augmentation de détentions préventives. Les juges d’instruction sont considérés comme trop laxistes en la matière. Lors du débat, Martin Michel, juge d’instruction à Charleroi, a exposé les différentes conditions nécessaires pour enfermer un suspect de façon préventive derrière les barreaux. En tête de ces conditions figure l’absolue nécessité pour la sécurité publique. "C’est assez vague, mais les mots sont employés. Cela doit être absolument et nécessaire."
Le travail des gardiens doit être valorisé
Et s’il est nécessaire de placer des délinquants en prison, il semble urgent de valoriser le travail des gardiens. "Nous ne sommes pas juste là pour ouvrir ou fermer les portes. Notre mission est diverse et étendue. Parce que la première personne que le détenu a en face de lui quand on lui ouvre la porte, c’est le surveillant et il pose plein de questions. A qui dois-je m’adresser pour ceci ou pour cela ? Les détenus nous confient également leurs états d’âme. Cela ne fait pas partie de nos fonctions", a souligné Sébastien Graeff, agent pénitentiaire et délégué CSC.
Le personnel réclame dès lors une formation plus adéquate et plus adaptée à la réalité ainsi que des équipes d’intervention pour lutter contre les violences dont il est victime. A la prison d’Ittre, les agents pénitentiaires sont en grève maintenant depuis plus d’une semaine.













Les prisons : comment sortir de la crise ?